C'est avec beaucoup de plaisir que je vous invite au lancement du livre AIMING FOR THE GUT publié chez l'OIE DE CRAVAN.
7.5.13
Lancement du livre AIMING FOR THE GUT chez l'OIE DE CRAVAN
C'est avec beaucoup de plaisir que je vous invite au lancement du livre AIMING FOR THE GUT publié chez l'OIE DE CRAVAN.
27.5.10
6.5.10
5.5.10
31.5.09
L'instance du moment - Vendredi de poésie du TAP
Vendredi de poésie du TAP
L'instance du moment
Quand: Vendredi 5 juin, à 20 h 30,
Où: au Tam Tam Café (421, boul. Langelier – à l’angle du boul. Charest est, à Québec)
Combien: Entrée libre, sortie gratuite, poésie dégelée.
Comme le veut la coutume aux Vendredis de poésie du TAP, la scène libre suivra une première partie avec des poètes invités.
Un moment d’attention svp. On ne peut goûter et profiter du temps que l’on a que dans la mesure où l’on peut créer et multiplier des ces bulles d’observations privilégiées que l’on nomme « moments ». Cesser durant un moment ses occupations quotidiennes afin de porter attention au monde dans lequel nous vivons, s’en imprégner à petite échelle à travers tous nos sens et notre conscience.
Chaque seconde mérite son quart d’heure de gloire, tandis que tant de moments restent en instance. Sans contredit, chaque poème tend, justement, à créer un moment. C’est là où réside, peut-être, la principale motivation des poètes : assouvir l’instance du moment.
Invités:
- France Cayouette
- Bertrand Tremblay
- André Vézina
- Marité Villeneuve
Animateur: André Marceau.
Présentés par le Tremplin d’actualisation de poésie (TAP), en partenariat avec le Centre communautaire Jacques-Cartier (CJC) et le Tam Tam Café, ainsi qu’avec l’aide de l’Entente de développement culturel (Ville de Québec et du Ministère de la culture, des communications et de la condition féminine du Québec), puis la commandite de la radio des découvertes CKRL (89,1), les Vendredis de poésie ont lieu chaque second vendredi du mois depuis 1998.
Pour infos : Claude Marcotte, Tam Tam Café et Centre Jacques-Cartier ; tél.: 523-6021
Organisation et communications (source) : André Marceau (TAP) ; tél.: 523-1174 ;
courriel : tapoesie@hotmail.com
Les invités du mois, et leurs dernières publications:
- France Cayouette : Jolie vente de débarras, poésie, Éditions du Noroît, 2008
- Bertrand Temblay : Lettres du petit matin, poèmes, éditions de l'Oésie, 2007
- André Vézina (direction) : Écris-moi un jardin, Haïkus de saison au Jardin Van den Hende, collectif de 17 auteurs, La couverture magique productions, 2009
- Marité Villeneuve : Des pas sur la page, essai, éditions Fides, 2007
27.5.09
Jesus Gangsta
J'ai 12 apôtres qui m'aident à respecter mon flot
Ma mère est vierge / la tienne elle est comment
Elle allume des cierges / pis elle se force en sacrament
1.
Je suis né dans une étable / sur une botte de foin
Pas sur une table d'opération / les poches pleines de foin
Après qu'un empereur full whack / ait fait tué twé enfants d'la région
Paraît qu'l'armée romaine a peiné à renflouer ses légions
Deux semaines après ma fête / les 3 rois mages sont arrivés
Avec de l'encens de la myrrhe de l'or / et autres images dérivées
Mon avenir était grand, de mon salut personne ne saurait te priver
À moins qu'un sous-ministre me vende dans un partenariat public-privé
À 12 ans, déjà moi, j'enseignais aux Anciens
J'avais vidé le temple de tous ces bâtards, ces Pharisiens
À 12 ans, toi, tu saignais en t'battant avec les Anglais
Tu t'attardais aux accents, au salut du Québec français
2.
Aux noces de Cana / j'ai multiplié le pain et le vin
Du Ca-canada tu tentes la séparation du Québec, en vain
Par deux fois t'as essayé en 95 en 80
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvain...
J'aurais pu traverser le lac Nasser / comme Manu Militari
À place j'ai traversé le désert / pendant 40 jours et nuits
Mais je m'demande à quoi ça sert / c'est comme boire à une source tarie
Que de se prendre pour le Sauveur / quand on passe même pu à TV
J'aurais pu chanter pour prévenir le suicide comme Loco Locass
Ou rapper pour dénoncer les date rapes comme Koriass
C'était pas ma game, j'aimais mieux chiller avec ma gang de connasses
Il eut peut-être été préférable que je les flinguasse
3.
Mon possee slamme dans l'West Side East Side de Jerusalem
Depuis pas mal plus longtemps que Eminem ou même Matusalem
Demandez à ma bitch Marie-Madeleine si elle m'aime
C'est comme exiger d'George Bush de pas finir un speech par Amen
Mon père c'est Dieu, yo! ya créé l'monde en 7 jours
Ton père c'est qui déjà? I guess nobody knows
Mon trisaieül, Moïse / a séparé les eaux
Toi, ta gueule est dans la moise / tellement t'as bu du Pineau
des Charentes, charrue, Charest, charogne & chavire
Mon père a mis un terme aux joies de Sodome et Gomorre
et toi tu mords à l'hameçon / tu te pâmes en déraison
n'y a-t-il que la vie et la mort pour enculer ton triste sort?
Avant de mourir / Judas m'a trahi
M'embrassant sur la joue avant de s'enfuir, le pourri
Comme le vote ethnique et le souvenir meurtri
D'un Parizeau trop chaud pour être responsable de ses conneries
5.5.09
Slam 2.0
on n'avait plus de p'tits crayons
4-5-6 conférence
garde la ligne ya d'l'interférence
7-8-9 webcast
tu fais pas partie d'not' caste
10-11-12 tout l'monde bouge
owèye bouge ton brain bouge!
Part I
1. t'as décidé de t'exposer / moitié nue à Honolulu
2. t'as uploadé tes photos / sur un site même pas porno
3. mais t'as oublié de lire les conditions d'utilisation
4. tu fais maintenant la promotion / d'un site de chat a'c tes tôtons
5. ton désir d'instantanéité / l'affichage de ta banalité
6. se perdre dans ta futilité / montre ton imbécillité
7. que tu te fasses berner / comme Maxime Bernier
8. s'est fait couillonner par Couillard c't évident c't insignifiant
1. s'il fallait que tu rédiges / une charte de vie privée
2. écrite en p'tits caractères / pour de ma liberté me priver
3. il faudrait que tu m'affliges / comme la Vénus Callipyge
4. que par en avant par en arrière / tu me prouves ton savoir-vivre
5. pour kossé faire c'pas d'tes affaires / pourquoi tu fouilles dans mes tiroirs
6. ma vie privée mon jet privé / c'est pas le reflet de ton miroir
7. et la terreur dans tes yeux / comme un voeu pieux un nouveau jeu
8. n'a d'égal que ton exhibitionnisme crasseux et poisseux
Part II
1. t'as voulu participer / à une téléréalité
2. te disant que c'était le fame la gloire le cash assurés
3. pour des années à t'branler / a'c tes chums aux cellules brûlées
4. pendant que le reste de la plèbe / boit sa Molson à ta santé?
5. ton arrogance de phat ass / s'affiche sur le cover du Lundi
6. quand tu exposes ton fat ass / dans un bikini ben trop p'tit
7. tes répliques mièvres, fadasses / en widescreen live à Loft Story
8. me laissent de glace, me glace les sangs, j't'envoie du fanmail de vomi
1. pis là tu m'trouves rough / tu trouves que j'exagère
2. tu trouves que chus trop tough / avec la blonde de ton beau-frère
3. comme si Andrei Markov / slappait un plomb dans son derrière
4. pis qu'on y disait fuck off / montre donc tes boules pour vendre d'la bière!
5. mais non mais là, cum'on! / arrête de faire ton hypocrite
6. tu regardes le show jour et nuite dans l'espoir d'la voir sucer une bitte
7. et de la regarder / get it on / dans l'sauna qu'elle attrape des bibittes
8. pis qu'après tu puisses te vanter de savoir où est-ce qu'elle habite
Part III
1. t'es loin d'être exceptionnel / ça t'fait l'effet d'une douche froide
2. t'es comme les rois d'Israël / qui joue à la chasse a'c les Arabes
3. ton trip c'est de te foutre à poil / mon coeur ma tête restent de marbre
4. ton univers consensuel / pour moi c'est un gros char de marde
5. ta connerie universelle / est séduisante comme une charade
6. où les lutins du Père Noël / se transforment en pin-ups Aubade
7. où les So you think you can dance The Next Pussycat Doll
8. Pimp my car Mes vieux tout neufs et autres lofteuses me rendent malades
1. j'en ai assez d'notre apathie / de notre paresse culturelle
2. de notre suffisance pythique / de nos superstars de poubelle
3. de notre absence de sens critique / de nos chansons à l'eau de vaisselle
4. not' simplicité cathodique / j'espère / n'est que conjoncturelle
5. mon arsenal de rimes fat / te coupe l'herbe au niveau de la cheville
6. pendant qu'tu t'roules un gros bat / mes deux poings se recroquevillent
7. pour écarquiller tes billes de rate / pendant que tu te démaquilles
8. mon slam est un échec et mat / à l'art dont tu es la béquille
17.3.09
Pawol a lòm vo lòm
Musique inspirée de Living Color
et Keziah Jones.
Funk and slam. That's life.
Le concept: Pawol a lòm vo lòm
Le projet « Pawol a lòm vo lòm » c'est un questionnement de l'identité guadeloupéenne. Un nouveau regard que TiMalo jette sur ses compatriotes pour les exhorter à porter leur contribution au monde.
Et pour TiMalo, cette participation à la danse culturelle du monde passe par la responsabilisation. Il s'agit pour lui d'utiliser les qualités de notre langue, en empruntant parfois les mots de Robert Loyson ou de Sonny Rupaire, pour questionner nos zones d'ombres, que ce soit dans notre histoire ou dans notre quotidien.
4.3.09
Méta-hommage
24.2.09
Les Sacres du printemps
Dans le cadre du Printemps des poètes, les Productions Rhizome et la Barberie vous invitent à une soirée poésie intitulée «Sacres du printemps.» Sous la forme de performance slamée, déclamée, chantée, ce spectacle se propose de reconsidérer poétiquement le juron sacre par le biais des phénomènes de dissociations, diversions, déformations et d’association des sens et des sons.
Sept poètes prendront part à la première partie de la soirée :Dans la deuxième partie, le public sera invité à participer à un micro ouvert
- André Marceau
- Véronique Garneau-Allard
- Hugo Nadeau
- Leroy K. May
- Edmé Etienne
- Frédérick Carrier
- Schallum Pierre
Lieu : La barberie, 310, rue St-Roch
Date : Lundi 9 mars
Heure : 20h
(Descriptif : il s’agit d’une soirée thématique autour des blasphèmes, injures, jurements, jurons, profanations et sacres. Elle est ouverte à la performance, la poésie sonore, le slam, la déclamation théâtralisée, l’expérimentation oratoire, la poésie-chant, le chant, etc.
Les textes ou gestes peuvent être non seulement des références directes ou indirectes aux jurons sacres mais aussi des réflexions ou interrogations poétiques.)
30.1.09
Read the Flow, Live
Youpelaï (mot phare de Claude Antar)
25.1.09
C'est quoi un slam de poésie, viarge?
Mais en grand pédagogue qu'il est, André Marceau tente de cerner la question en exposant les règles du Slam de poésie, pour continuer à promouvoir cette forme d'expression qui a le vent dans les voiles; certains diront qu'il est même à voile et à vapeur.
Un certain SD s'est permis de poser une question, et depuis, les explications et les conseils pour écrire un "bon" slam pleuvent.
Mais c'est un peu comme le vibe d'un bon show; c'est difficile à expliquer tant qu'on ne le vit pas. C'est un peu ça aussi, un slam de poésie. Une expérience unique chaque fois, difficile à répéter. Et même si tu fais le même texte trois fois de suite, le jury te jugera sûrement différemment chaque fois.
Voilà pourquoi il vaut mieux écrire un bon texte que tenter de plaire au jury.
My 0,02$
31.12.08
Cours Forrest cours!
J’propose une énième tentative de subversion
Je n’m’adresse à personne j’essaie juste d’être subversif
J’ose, simplement, une nouvelle contre-version,
Controverse le consensus qui me laisse assez pensif
Je verse des vers sains sans feinte ni non sens
Déverse une averse phrasée et je souhaite que le son l’encense
Essaer d’rester censé, en évitant le sensass,
Suggestion de quelque pensées ou d’un vice voilée qui froisse
Emousser les sens mes mots se veulent sensuels et enlaçant
Repousser l’indécence et l’intolérance en passant
En pensant au passé au poids mort que j’ai poussé
J’ai toussé mais j’ai tout fait pour ne pas mourir étouffé
Pathologie financière sévère carence en l’espèce
Et je n’espère pas un jour pouvoir combler cet espace
Humaine est l’espèce qu’un peu d’or mène à l’extase
Fini l’espace-temps car la liasse ne lui laisse pas l’temps
Alors …
Tu cours après le temps le fric le vent
Cours Forrest, cours vas y cours !!
Cours, car le temps c’est du fric et ta vie du vent
Cours Forrest !! Vas-y cours !!
Culture d’images fausses ou d’icônes agitées
Trafic de l’info culture de masse regarde le JT
Jette les bases du mépris désintérêt pour la vérité
Héritage mérité on t’encule tous les jours sans t’irrité
Sens-tu cette amertume ? Combien de gens amers triment ?
Combien à bout de nerfs tuent ? Combien abattus tirent
Sur leur prochain ? Juste pour quelques sous empochés
Vénale devient le pécheur qui pense que même Dieu est fauché
Banqueroute sur banqueroute la case échec est cochée
Infernale d’espérer un sursis ou une flèche décochée
Qui va ricocher sur ton front et toutes ses idées accrochées
A une partie d’toi qui t’effraie que tu refuses d’approcher
Décroche ! Décroche ! Répète cette gueule amochée
La vie n’as pas de prix et devrait rester belle sans tunes en poches
Décroche ! Décroche ! Répète cette gueule amochée
Que tu sois seul soucieux ou saoul n’attend pas qu’un ange se penche.
Pourtant...
Tu cours après le temps le fric le vent
Cours Forrest, cours vas y cours !!
Cours, car le temps c’est du fric et ta vie du vent
Cours Forrest !! Vas-y cours !!
Affaissement progressif de la valeur de l’humain
Néo-feodalisme de ta naissance dépend ton lendemain
Lentement l’abaissement de la condition humaine
Créé un abysse béant creusé par ceux qui dirigent d’une main
Et de l’autre s’enrichissent, l’égoïsme est matériel
L’égo se forge au travers de ce prisme depuis la maternelle
Materné, par l’éternelle loi du plus fort
Et si tu souhaite m’interner alors déclares que je suis fou
Qu’on ne peut pas lier mes mots cavalent et mes mains sont libres
Mais je n’peux pas nier que j’ai du mal à choisir une cible
Je livre simplement mes impressions
Délivre mon message même s’il est imprécis
Apprécies, ne soit pas pressé de tout démonter
Et après si tu l’veux le contraire pourra démontrer
Mais saches, gars, que cette vision est la mienne
Et je ne cache pas son coté cynique un peu chienne !
Et toi...
Tu cours après le temps le fric le vent
Cours Forrest, cours vas y cours !!
Cours, car le temps c’est du fric et ta vie du vent
Cours Forrest !! Vas-y cours !!
16 rimes supplémentaires après c’est promis j’me tais
J’crache mes derniers commentaires pour qu’ils cessent de me hanter
J’ai tenté l’indifférence comme tout bon occidental
Par défaut une naissance loin des parcours accidentés
Mes yeux été ouverts pourtant j’n’arrivais pas à voir
Et lorsque j’ai su faire c’que j’ai vu je n’voulais pas l’croire
L’Homme est la seule espèce à ce point dégénérée
Qui pour le profit immédiat va condamner des générations
J’en ai assez et mon rêve c’est de passer
De l’autre coté du miroir en commençant par le casser
Que ça soit fou ou flou, essayer d’changer son reflet
Et si j’étais un Dieu je virerais l’homme et le monde referais
Fin d’ma thérapie, fin du cynisme déguisé
J’ai perdu ma candeur au fond d’ma tête un truc c’est brisé
C’été juste une tentative de subversion
Avec un air de fausse morale et surtout pas mal de diversions
Pendant que...
Tu cours après le temps le fric le vent
Cours Forrest, cours vas y cours !!
Cours, car le temps c’est du fric et ta vie du vent
Cours Forrest !! Vas-y cours !!
21.12.08
Est-ce poétique? Ah! Ta gueule...
Dans cette même édition, j'apprends qu'on y parle aussi d'André Marceau, le slammaster de Slam Cap!
Chapeau End Ré!
Repiqué chez (sur?) Spirale, voici le texte de présentation de Mathieu Arsenault qui a dirigé le numéro:
« Est-ce poétique ? »Un autre pour la luck:par Mathieu Arsenault
Poser la question du poétique revient nécessairement interroger le genre. Non pas tant pour le mettre en doute que pour essayer d’en mesurer l’étendue d’une manière épistémologique. Se demander, comme on tentera de le faire ici, si tel ou tel objet est poétique, consiste à arpenter la limite entre ce qui constitue de la poésie et ce qui n’en est pas, peut-être moins pour effectuer un tri nécessairement arbitraire entre la « bonne » et la « mauvaise » poésie que pour rendre compte des tensions polémiques, des jeux de pouvoir et des déplacements imperceptibles qui s’opèrent dans la définition commune de la poésie et du genre poétique.
Car les genres littéraires sont des lieux où s’exerce un pouvoir difficile à identifier. Malgré toutes les réflexions sur l’hybridité, l’in-forme, les identités intermédiaires ou flottantes, les genres persistent et imposent un classement arbitraire mais difficile à remettre en question. Ils dominent dans les manuels scolaires d’histoire littéraire, dans les chroniques de journaux, dans les formulaires de demandes de bourses et de subventions. Or, dans ces espaces de pouvoir et de transmission de la tradition, le genre apparaît dans une transparence suspecte qui cache à quel point son attribution à une œuvre demeure chaque fois le fait d’une interprétation et non d’une identification. Le genre demeure aussi, de ce point de vue, un espace de pouvoir où rien n’est donné au hasard, où s’opèrent les exclusions et les censures arbitraires.
Toutefois, poser la question du poétique comme problème permet aussi de penser en bordure de cet espace de pouvoir les excès de légitimation d’œuvres de qualité moindre mais cependant tout à fait conformes aux exigences de la tradition, comme elle permet de penser les potentialités de fuite et de renouvellement pour la poésie.
C’est dans cet espace à la limite du genre poétique que les tensions entre conservatisme et renouvellement sont les plus fortes, et donc les plus faciles à rendre manifestes. Il suffit pour s’en convaincre de faire comme Sylvano Santini et de se demander ce que l’adjectif « poétique » vient faire dans les comptes rendus de spectacles de cirque pour voir comment s’élaborent insidieusement les stratégies de légitimation d’un type de divertissement sans grande potentialité de remise en question du spectateur ; ou encore de remarquer avec Jean-François Bourgeault comment la rapide inclusion de Grand Corps Malade au panthéon des poètes tient surtout à ce que sa rime et son rythme correspondent plus ou moins à une actualisation de l’idée la plus banale et réactionnaire que le grand public peut se faire de la « belle poésie ».
Au-delà de ces troublants passe-droits institutionnels, on doit cependant remarquer que l’espace du genre poétique est aujourd’hui plus vaste que l’idée qu’on peut s’en faire. Les auteurs consacrés pour leur marginalité viennent nous rappeler que la question du poétique n’est jamais définitivement fixée. Normand de Bellefeuille rappelle ainsi comment le rythme de la prose de Thomas Bernhard possède une filiation ambiguë avec la « mauvaise poésie ». Marie-Hélène Charron-Cabana quant à elle rappelle comment l’inclusion des textes de Suppôts et Suppliciations d’Artaud dans une collection de poésie est problématique à l’égard de la définition même de la poésie selon Artaud.
À la périphérie de sa pratique actuelle, la poésie pose également problème. Chez Renée Gagnon et Marc-Antoine K. Phaneuf, elle joue avec les images, et les clichés menacent de basculer dans le canular ou l’imposture expérimentale, mais heureusement, elle reprend pied juste avant de tomber. Elle flirte aussi avec l’oralité. On la présente sur scène non sans perdre parfois de vue la différence entre sa pertinence et sa spectacularisation comme le rappelle LeRoy K. May, un slameur de Québec. Elle apparaît aussi parfois comme un objet hybride, à la fois imprimé et endisqué, chez André Marceau ; on tente aussi de la capter sur pellicule avec des résultats variés qui retirent parfois un peu de liberté à son lecteur, comme l’explique Martine-Emmanuelle Lapointe. Elle déborde finalement dans le champ de l’analyse de la chanson où, comme le rappelle Lise Bizzoni, le degré de « poéticité » du texte demeure un sujet de débat des plus actuels.
Dans un sketch de la troupe canadienne The Kids in the Hall, deux personnages beckettiens extrêmement affamés cherchaient à manger dans la crasse de leur appartement minable. L’un se mettait dans la bouche la moindre saleté qu’il trouvait alors que l’autre lui demandait : « Is it food? » L’autre répondait alors : « No, it’s not food » et ainsi de suite à répétition. J’ai proposé de la même manière à mes collaborateurs de fouiller dans la saleté, de se la mettre dans la bouche et de répondre à la question : « Est-ce que c’est poétique? », en espérant quand même que la réponse ne serait pas inévitablement : « Non ». Ce ne fut pas le cas.
20.12.08
La Mère Poule lance ses premiers oeufs!
Bonjour à toutes et tous,
Comme plusieurs le savent, mon amour et ma dévotion pour tout ce qui se dit (poésie, conte, discours, chanson, rap, slam et tant d'autres!) est sans borne. Tellement sans borne, que je me fais une obligation de faire découvrir tout cela à travers les évènements que j'organise ou par diverses rencontres impromptues! Mais force était de croire que mes efforts de création, d'édition, de production et de diffusion se devaient d'être rassemblés sous une forme plus cohérente afin de rendre le tout accessible.
Alors voilà. Je vous fais part de ce lieu que j'ai inventé dans mon imaginaire, un lieu pour couver la parole, l'écrit et la poésie. Un grand poulailler culturel que je nomme maintenant très affectueusement La Mère Poule. Il y aura rassemblé en ce lieu imaginaire, au cours des années à venir, des pontes personnelles, des oeufs rares trouvés en chemin, des petits cocohérents et des oeufs brouillés. Des oeuvres de mon cru, de d'autres crues et même des choses dont vous n'auriez jamais cru.
Est-ce une maison d'édition? de diffusion? de propagande?? Tout cela en même temps j'imagine. Un lieu de liberté, d'expression qui sort nécessairement des règles de l'entreprenariat. Un cadre imaginaire pour favoriser la cohérence à mon avis.
Je vous souhaites donc bienvenu en ce lieu, à bâtir avec vous, et voici en quelques mots de plus, un aperçu de sa charpente du moment.
Ce que la Mère Poule propage :
- Cratère, un récit poétique d'Étienne Provencher-Rousseau, auteur de Sherbrooke, et Étienne Després, graphiste.
- Pop sac-à-vie, un disque de poésie sonore d'André Marceau, slamestre de SlamCap de Québec.
- Slam ta muse, un recueil de poèmes des slammeurs-euses de la ville de Québec
- Tu prendras parti et je prendrai... par là, un recueil du poète/chansonnier/humoriste Guy Perreault
- Sainte criss de paix, un DVD du spectacle de poésie de Edmé Étienne, punk anarcho-chrétien de Québec
- Enfarfadelle, un récit poétique sous forme de livre-disque de Sophie Jeukens (Sô Jeu), poétesse de Sherbrooke.
- Paroles - Festicourt 2008, un recueil de textes courts ramassés lors du Festival du texte court de Sherbrooke de 2008
- Toilette publique 2.0, un recueil revu et renfloué de poésie de Frank Poule, votre bien-aimé poulet.
À vous de voir à y ajouter à cette charpente brindilles comme poutres.
Vous pouvez :
- Acheter un ou plusieurs de ces supports à imaginaire (livre, CD, DVD)
- Me proposer un projet (de livre, de spectacle, de vie)
- M'ouvrir des portes, des fenêtres, des esprits
- Faire un don d'énergie, de temps, d'argent ou d'organes
Vous pourrez aussi bientôt aller visiter mon poulailler virtuel sur Internet et peut-être même y faire des achats!
Amitié et solidarité,
Frank Poule
P.S. Je vous ferai parvenir un projet de solidarité artistique plus tard dans cette fin de semaine qui pourrait intéresser les murs des vos logements/maisons/manoirs.
18.11.08
Read the Flow, Manifest
Manifest
Là où le bât blesse
Steal the show
C'est l'ivresse
Ent' tes jolies fesses
Je slamme su' l'temps
Comme un sultant
C't insultant
De t'entendre décrier
Et de sombrer dans le cendrier
Des ombres sans nom
Comme le nouveau sans bon
C'était bon sans bon sens
J'y aurais laissé mon sang
J'y aurais laissé ma virilité
J'aurais sombré dans débilité
Mais wo! Articule
Pète pas toutes tes ventricules
Si on comprend rien c'que tu dis
Comment veux-tu qu'le jury jouisse?
Ben non c'pas ça la game
On fait pas ça pour le fame
On fait ça pour tripper
Pis pour la poésie déculottée
Ça fait que si tu venais icitte
pour compter des vers et des pieds
tu vas t'faire faire un pied-nez
Pis t'en retourner dans (les) boule-à-mites
Ben non j'pas sociétal
J'parle même pas d'ma famille
J'parle même pas d'la famine
Au Timor-Oriental
Serais-je dénué
de toute conscience politique
ou comme Bérénice Einberg
serais-je apoplectique?
Non je cherche le groove dans les mots
Le sens m'importe peu
C'est comme un peu de chaux
Sur mes maux qui peu à peu
S'estompe en pompe
Poème-bombe poème-tombe
Seront-ce les pompes funèbres
D'un autre bel Éphèbe?
Read the flow
Manifest
Là où le bât blesse
Steal the show
C'est l'ivresse
Ent' tes jolies fesses
Comment décrire la mort
Le mors au dent
L'Adam qui mord
Entre les jambes
d'Ève et murmure
Qu'la poésie
Qu'ta peau ici
Qu'La Boétie
dans l'fond
C't un peu moisi?
J'ai comme un raz-de-marée
de rime qui m'arrive de nulle part
du Rhum qui m'arrime
en un énorme tintamarre
C'est comme une gorgée de trop
Dans un 5 à 7
Avec une danseuse à go-go
Dans un slip à sexe
Où j'aimerais me glisser
entre les lèvres charnues
Séparer déplisser
À coups de langue ténus
Le Paradis terrestre
Entrevu entrouvert
Le calvaire ingénu
Où j'aimerais laisser mon reste
C'est dans une chambre chaude
Vue de plongée en action
Que je rentre à la maison
Pour défier tes oraisons
Jusqu'à trouver la raison
De l'enfer ta saison
De ta chatte en salaison
Est-ce mon âme que tu fraudes?
Read the flow
Manifest
Là où le bât blesse
Steal the show
C'est l'ivresse
Ent' tes jolies fesses
30.10.08
Poésie (sic!). Sick Poetry
Je soliloque en solitaireesseulé assoiffé
de savoir va savoir
Je me parle pour parler
tout le monde m'en parle
mais tout le monde m'emmerde
de gros mots en gros bon sens
je fais sans dessus dessous
semblant d'être signifiant
Je fantôme entre vous, boo!
Chassant l'essaim
séchant le sang
sur ton sein
Je suis signifié
je suis signe et kifé
tu sanctifies le chant
du cygne que je suis
C'est le mois des morts
le mois de Moi
le mois des mois qui t'émeuvent
le mois de ma mie qui m'abreuve
de ses mamours molichinelles
saltimbanque des désamours
Mourrisse et pourrisse l'écrevisse
du songe
entre les miches d'un néologisme
à la Ponge
Et le slam dans tout ça?
Et le public dans tout ça?
Il faudrait que je jouisse du jury
Que je jure et murmure
Me genouflexiant entre les pierres du chapelet
de la belle ou du beau
Qui me note que je joue son jeu
Que je me le
Que je me la tape en douce entre les
6.9 et les 9.6
Cuz if a 6 turned out being 9
I don't mind I don't mind
Disait Jimini Criquet sur sa Stratocaster
crème gauchère et cordée à l'envers
Entre deux Oh-oh say can you seeeeeeeeeeee
Hit me!
Dah-dam,dah-dam,dah-dam
Dah-dam,dah-dam,dah-dam
Je suis aussi Noir
Que Barack Obama
surfant sur le Mississippi
J'ai des caisses de rime en triolet
Prêtes à faire sauter
un État de l'axe du Bien-Pensant
Je trimballe dans ma poche arrière
un Afghan, un Irakien et un Libanais
(juste au cas où)
(juste au cas où)
Où j'aurais les moyens de moyenner
l'Moyen-Orient et d'l'orienter
dans l'bon sens du Moi
Et le slam dans tout ça?
Et le public dans tout ça?
Je serai poète jusqu'au bouche-à-bouche
de ton entre-jambe
Je déboucherai l'entendement des bombes
de tes lectures estivales
Et je brûlerai en passant un best-seller de cuisine
et le dernier life-coach book sur l'art de vivre
zen-en-santé-en-guérissant-le-cancer-et-le-cholestérol
pour te crisser
- Chorégraphies de Mylène Lauzon
- Téléthons de la Grande Surface de Marc-Antoine K. Phaneuf
- et Aïe! Boum de Gilles Amalvie
Une claque s'a yeule avec ça?
I'll drink to that honey-bun, pis ramène-moi donc une autre bière mon p'tit sucre
29.10.08
Un p'tit nouveau dans la blogosphère
Vous y trouverez les communiqués, comptes rendus, et plus si affinités.
18.10.08
Fous ta cagoule
Je voudrais jeter une slam
Pour cette maladie qui l'hiver l'anus m'irrite
Un virus venu du froid qu'on appelle gastro-entérite
La prochaine fois je mettrai ma cagoule
8.10.08
Du slam dans l'océan indien
Après le championnat de la Réunion, le championnat inter-collège, voici Slamlakour, une rencontre entre différents slameurs de l'océan indien.
Même si je ne comprends pas la moitié de ce qui se dit, je comprends toutefois toute la dimension de l'oralité de la poésie. Assez incroyable que les barrières de langue puissent s'effondrer si facilement.
Merci à Marc Smith pour le lien.
