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19.3.10

Slam session par webcam!



J'ai été invité à un slam session... par webcam!

Le live streaming est ici.

C'est ce soir à partir de 15h heure du Québec, je devrais passer vers 17h30:

SSM via MSN = Session Slam Mondiale via MSN
Session mensuelle, internationale, de poésie urbaine animée par Sancho et Auzef.
-1er texte dit = 1 verre offert !-
NOUVEAU = session live webcam : vous ne pouvez pas vous déplacer, vous n'êtes pas sur Paris, contactez nous sur latribustains@hotmail.fr ou skype : olivierdesign pour un passage depuis votre canapé !!
Et comme toujours :
Diner possible à partir de 19h30
Taxi brousse assuré pour le retour au métro.
Tél 0148295723
Accès = metro Ligne 13 Saint-Denis Université puis 255 ou 253, arrêt Mairie de Stains ou RER D Pierrefitte-Stains, puis 150 arrêt Mairie de Stains
Plus de détails sur la page Facebook de La Tribu Stains.

16.3.10

Scène slam de Québec en photos


Claude Antar prend les slameurs en photos et les filme. Il est discret, drôle, et fait de curieux «wouppelaï» comme faisait mon grand-père lorsqu'il s'assoyait.

29.7.09

Premier refus

Je m'en doutais bien, mais c'est confirmé.

Phoque.

Bonjour,
Suite à l’évaluation par le comité de lecture et la validation par des enseignants de la conformité aux normes ministérielles en Éducation nous avons le regret de vous informer que nous avons pas retenu vos textes.

Cela ne présume en rien de la qualité de vos écrits et de votre démarche de création. Tout simplement, vos textes ne peuvent malheureusement convenir au lectorat auquel nous le destinons.

Merci de votre collaboration et, nous l’espérons bien, à une prochaine.

Pierre Cadieu
Directeur littéraire aux éditions Vents d’Ouest

27.5.09

Jesus Gangsta

Yo, oublie pas mon nom c'est Jésus / je marche sur l'eau
J'ai 12 apôtres qui m'aident à respecter mon flot
Ma mère est vierge / la tienne elle est comment
Elle allume des cierges / pis elle se force en sacrament

1.

Je suis né dans une étable / sur une botte de foin
Pas sur une table d'opération / les poches pleines de foin
Après qu'un empereur full whack / ait fait tué twé enfants d'la région
Paraît qu'l'armée romaine a peiné à renflouer ses légions

Deux semaines après ma fête / les 3 rois mages sont arrivés
Avec de l'encens de la myrrhe de l'or / et autres images dérivées
Mon avenir était grand, de mon salut personne ne saurait te priver
À moins qu'un sous-ministre me vende dans un partenariat public-privé

À 12 ans, déjà moi, j'enseignais aux Anciens
J'avais vidé le temple de tous ces bâtards, ces Pharisiens
À 12 ans, toi, tu saignais en t'battant avec les Anglais
Tu t'attardais aux accents, au salut du Québec français

2.

Aux noces de Cana / j'ai multiplié le pain et le vin
Du Ca-canada tu tentes la séparation du Québec, en vain
Par deux fois t'as essayé en 95 en 80
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvain...

J'aurais pu traverser le lac Nasser / comme Manu Militari
À place j'ai traversé le désert / pendant 40 jours et nuits
Mais je m'demande à quoi ça sert / c'est comme boire à une source tarie
Que de se prendre pour le Sauveur / quand on passe même pu à TV

J'aurais pu chanter pour prévenir le suicide comme Loco Locass
Ou rapper pour dénoncer les date rapes comme Koriass
C'était pas ma game, j'aimais mieux chiller avec ma gang de connasses
Il eut peut-être été préférable que je les flinguasse

3.

Mon possee slamme dans l'West Side East Side de Jerusalem
Depuis pas mal plus longtemps que Eminem ou même Matusalem
Demandez à ma bitch Marie-Madeleine si elle m'aime
C'est comme exiger d'George Bush de pas finir un speech par Amen

Mon père c'est Dieu, yo! ya créé l'monde en 7 jours
Ton père c'est qui déjà? I guess nobody knows
Mon trisaieül, Moïse / a séparé les eaux
Toi, ta gueule est dans la moise / tellement t'as bu du Pineau

des Charentes, charrue, Charest, charogne & chavire
Mon père a mis un terme aux joies de Sodome et Gomorre
et toi tu mords à l'hameçon / tu te pâmes en déraison
n'y a-t-il que la vie et la mort pour enculer ton triste sort?

Avant de mourir / Judas m'a trahi
M'embrassant sur la joue avant de s'enfuir, le pourri
Comme le vote ethnique et le souvenir meurtri
D'un Parizeau trop chaud pour être responsable de ses conneries

5.5.09

Slam 2.0

1-2-3 réunion
on n'avait plus de p'tits crayons
4-5-6 conférence
garde la ligne ya d'l'interférence
7-8-9 webcast
tu fais pas partie d'not' caste
10-11-12 tout l'monde bouge
owèye bouge ton brain bouge!

Part I

1. t'as décidé de t'exposer / moitié nue à Honolulu
2. t'as uploadé tes photos / sur un site même pas porno
3. mais t'as oublié de lire les conditions d'utilisation
4. tu fais maintenant la promotion / d'un site de chat a'c tes tôtons
5. ton désir d'instantanéité / l'affichage de ta banalité
6. se perdre dans ta futilité / montre ton imbécillité
7. que tu te fasses berner / comme Maxime Bernier
8. s'est fait couillonner par Couillard c't évident c't insignifiant

1. s'il fallait que tu rédiges / une charte de vie privée
2. écrite en p'tits caractères / pour de ma liberté me priver
3. il faudrait que tu m'affliges / comme la Vénus Callipyge
4. que par en avant par en arrière / tu me prouves ton savoir-vivre
5. pour kossé faire c'pas d'tes affaires / pourquoi tu fouilles dans mes tiroirs
6. ma vie privée mon jet privé / c'est pas le reflet de ton miroir
7. et la terreur dans tes yeux / comme un voeu pieux un nouveau jeu
8. n'a d'égal que ton exhibitionnisme crasseux et poisseux

Part II

1. t'as voulu participer / à une téléréalité
2. te disant que c'était le fame la gloire le cash assurés
3. pour des années à t'branler / a'c tes chums aux cellules brûlées
4. pendant que le reste de la plèbe / boit sa Molson à ta santé?
5. ton arrogance de phat ass / s'affiche sur le cover du Lundi
6. quand tu exposes ton fat ass / dans un bikini ben trop p'tit
7. tes répliques mièvres, fadasses / en widescreen live à Loft Story
8. me laissent de glace, me glace les sangs, j't'envoie du fanmail de vomi

1. pis là tu m'trouves rough / tu trouves que j'exagère
2. tu trouves que chus trop tough / avec la blonde de ton beau-frère
3. comme si Andrei Markov / slappait un plomb dans son derrière
4. pis qu'on y disait fuck off / montre donc tes boules pour vendre d'la bière!
5. mais non mais là, cum'on! / arrête de faire ton hypocrite
6. tu regardes le show jour et nuite dans l'espoir d'la voir sucer une bitte
7. et de la regarder / get it on / dans l'sauna qu'elle attrape des bibittes
8. pis qu'après tu puisses te vanter de savoir où est-ce qu'elle habite

Part III

1. t'es loin d'être exceptionnel / ça t'fait l'effet d'une douche froide
2. t'es comme les rois d'Israël / qui joue à la chasse a'c les Arabes
3. ton trip c'est de te foutre à poil / mon coeur ma tête restent de marbre
4. ton univers consensuel / pour moi c'est un gros char de marde
5. ta connerie universelle / est séduisante comme une charade
6. où les lutins du Père Noël / se transforment en pin-ups Aubade
7. où les So you think you can dance The Next Pussycat Doll
8. Pimp my car Mes vieux tout neufs et autres lofteuses me rendent malades

1. j'en ai assez d'notre apathie / de notre paresse culturelle
2. de notre suffisance pythique / de nos superstars de poubelle
3. de notre absence de sens critique / de nos chansons à l'eau de vaisselle
4. not' simplicité cathodique / j'espère / n'est que conjoncturelle
5. mon arsenal de rimes fat / te coupe l'herbe au niveau de la cheville
6. pendant qu'tu t'roules un gros bat / mes deux poings se recroquevillent
7. pour écarquiller tes billes de rate / pendant que tu te démaquilles
8. mon slam est un échec et mat / à l'art dont tu es la béquille

17.3.09

Pawol a lòm vo lòm

C'est Alain Gabriel, encore lui, qui m'a fait découvrir un artiste guadeloupéen, TiMalo.

Musique inspirée de Living Color



et Keziah Jones.



Funk and slam. That's life.

Le concept: Pawol a lòm vo lòm

Le projet « Pawol a lòm vo lòm » c'est un questionnement de l'identité guadeloupéenne. Un nouveau regard que TiMalo jette sur ses compatriotes pour les exhorter à porter leur contribution au monde.

Et pour TiMalo, cette participation à la danse culturelle du monde passe par la responsabilisation. Il s'agit pour lui d'utiliser les qualités de notre langue, en empruntant parfois les mots de Robert Loyson ou de Sonny Rupaire, pour questionner nos zones d'ombres, que ce soit dans notre histoire ou dans notre quotidien.


24.2.09

Les Sacres du printemps

Lors de mon dernier passage aux slam de janvier, Schallum Pierre m'a invité à participer à l'événement Sacres du printemps...

Dans le cadre du Printemps des poètes, les Productions Rhizome et la Barberie vous invitent à une soirée poésie intitulée «Sacres du printemps.» Sous la forme de performance slamée, déclamée, chantée, ce spectacle se propose de reconsidérer poétiquement le juron sacre par le biais des phénomènes de dissociations, diversions, déformations et d’association des sens et des sons.

Sept poètes prendront part à la première partie de la soirée :
  • André Marceau
  • Véronique Garneau-Allard
  • Hugo Nadeau
  • Leroy K. May
  • Edmé Etienne
  • Frédérick Carrier
  • Schallum Pierre
Dans la deuxième partie, le public sera invité à participer à un micro ouvert

Lieu : La barberie, 310, rue St-Roch
Date : Lundi 9 mars
Heure : 20h

(Descriptif : il s’agit d’une soirée thématique autour des blasphèmes, injures, jurements, jurons, profanations et sacres. Elle est ouverte à la performance, la poésie sonore, le slam, la déclamation théâtralisée, l’expérimentation oratoire, la poésie-chant, le chant, etc.

Les textes ou gestes peuvent être non seulement des références directes ou indirectes aux jurons sacres mais aussi des réflexions ou interrogations poétiques.)

30.1.09

Read the Flow, Live

Merci à Claude Antar de m'avoir filmé lors du slam de janvier!

Youpelaï (mot phare de Claude Antar)

25.1.09

C'est quoi un slam de poésie, viarge?

Bien malin celui qui pourra répondre à cette question.

Mais en grand pédagogue qu'il est, André Marceau tente de cerner la question en exposant les règles du Slam de poésie, pour continuer à promouvoir cette forme d'expression qui a le vent dans les voiles; certains diront qu'il est même à voile et à vapeur.

Un certain SD s'est permis de poser une question, et depuis, les explications et les conseils pour écrire un "bon" slam pleuvent.

Mais c'est un peu comme le vibe d'un bon show; c'est difficile à expliquer tant qu'on ne le vit pas. C'est un peu ça aussi, un slam de poésie. Une expérience unique chaque fois, difficile à répéter. Et même si tu fais le même texte trois fois de suite, le jury te jugera sûrement différemment chaque fois.

Voilà pourquoi il vaut mieux écrire un bon texte que tenter de plaire au jury.

My 0,02$

7.1.09

Dub Poetry's Wot I Wanna Hear

Dans mon article Slamme ta gueule qui paraît dans le numéro de Spirale Magazine de janvier, je fais référence à la dub poetry, genre peu connu en terre francophone puisqu'il est surtout pratiqué dans les Caraïbes, plus particulièrement en Jamaïque.

En voici un exemple probant de Linton Kwesi Johnson.

Merci à Alain Gabriel de me l'avoir pointé :)

31.12.08

Cours Forrest cours!

Permets-moi de republier un très bon slam du Dr. Faust:

J’propose une énième tentative de subversion
Je n’m’adresse à personne j’essaie juste d’être subversif
J’ose, simplement, une nouvelle contre-version,
Controverse le consensus qui me laisse assez pensif
Je verse des vers sains sans feinte ni non sens
Déverse une averse phrasée et je souhaite que le son l’encense
Essaer d’rester censé, en évitant le sensass,
Suggestion de quelque pensées ou d’un vice voilée qui froisse
Emousser les sens mes mots se veulent sensuels et enlaçant
Repousser l’indécence et l’intolérance en passant
En pensant au passé au poids mort que j’ai poussé
J’ai toussé mais j’ai tout fait pour ne pas mourir étouffé
Pathologie financière sévère carence en l’espèce
Et je n’espère pas un jour pouvoir combler cet espace
Humaine est l’espèce qu’un peu d’or mène à l’extase
Fini l’espace-temps car la liasse ne lui laisse pas l’temps

Alors …

Tu cours après le temps le fric le vent
Cours Forrest, cours vas y cours !!
Cours, car le temps c’est du fric et ta vie du vent
Cours Forrest !! Vas-y cours !!

Culture d’images fausses ou d’icônes agitées
Trafic de l’info culture de masse regarde le JT
Jette les bases du mépris désintérêt pour la vérité
Héritage mérité on t’encule tous les jours sans t’irrité
Sens-tu cette amertume ? Combien de gens amers triment ?
Combien à bout de nerfs tuent ? Combien abattus tirent
Sur leur prochain ? Juste pour quelques sous empochés
Vénale devient le pécheur qui pense que même Dieu est fauché
Banqueroute sur banqueroute la case échec est cochée
Infernale d’espérer un sursis ou une flèche décochée
Qui va ricocher sur ton front et toutes ses idées accrochées
A une partie d’toi qui t’effraie que tu refuses d’approcher
Décroche ! Décroche ! Répète cette gueule amochée
La vie n’as pas de prix et devrait rester belle sans tunes en poches
Décroche ! Décroche ! Répète cette gueule amochée
Que tu sois seul soucieux ou saoul n’attend pas qu’un ange se penche.

Pourtant...

Tu cours après le temps le fric le vent
Cours Forrest, cours vas y cours !!
Cours, car le temps c’est du fric et ta vie du vent
Cours Forrest !! Vas-y cours !!

Affaissement progressif de la valeur de l’humain
Néo-feodalisme de ta naissance dépend ton lendemain
Lentement l’abaissement de la condition humaine
Créé un abysse béant creusé par ceux qui dirigent d’une main
Et de l’autre s’enrichissent, l’égoïsme est matériel
L’égo se forge au travers de ce prisme depuis la maternelle
Materné, par l’éternelle loi du plus fort
Et si tu souhaite m’interner alors déclares que je suis fou
Qu’on ne peut pas lier mes mots cavalent et mes mains sont libres
Mais je n’peux pas nier que j’ai du mal à choisir une cible
Je livre simplement mes impressions
Délivre mon message même s’il est imprécis
Apprécies, ne soit pas pressé de tout démonter
Et après si tu l’veux le contraire pourra démontrer
Mais saches, gars, que cette vision est la mienne
Et je ne cache pas son coté cynique un peu chienne !

Et toi...

Tu cours après le temps le fric le vent
Cours Forrest, cours vas y cours !!
Cours, car le temps c’est du fric et ta vie du vent
Cours Forrest !! Vas-y cours !!

16 rimes supplémentaires après c’est promis j’me tais
J’crache mes derniers commentaires pour qu’ils cessent de me hanter
J’ai tenté l’indifférence comme tout bon occidental
Par défaut une naissance loin des parcours accidentés
Mes yeux été ouverts pourtant j’n’arrivais pas à voir
Et lorsque j’ai su faire c’que j’ai vu je n’voulais pas l’croire
L’Homme est la seule espèce à ce point dégénérée
Qui pour le profit immédiat va condamner des générations
J’en ai assez et mon rêve c’est de passer
De l’autre coté du miroir en commençant par le casser
Que ça soit fou ou flou, essayer d’changer son reflet
Et si j’étais un Dieu je virerais l’homme et le monde referais
Fin d’ma thérapie, fin du cynisme déguisé
J’ai perdu ma candeur au fond d’ma tête un truc c’est brisé
C’été juste une tentative de subversion
Avec un air de fausse morale et surtout pas mal de diversions

Pendant que...

Tu cours après le temps le fric le vent
Cours Forrest, cours vas y cours !!
Cours, car le temps c’est du fric et ta vie du vent
Cours Forrest !! Vas-y cours !!

Dr. Faust Is in the House!

Après plusieurs mois d'essai, de tentatives de corruption et de pots-de-vin bien salaces, voilà que Dr. Faust a parti son blogue!

Longue vie au docteur!

21.12.08

Est-ce poétique? Ah! Ta gueule...

Spirale Magazine annonce la nouvelle mouture du numéro de revue janvier-février dans lequel figure mon texte Le soir où la poésie est morte, constat que j'ai écrit après ma participation au Grand Slam de Montréal en septembre dernier.

Dans cette même édition, j'apprends qu'on y parle aussi d'André Marceau, le slammaster de Slam Cap!

Chapeau End Ré!

Repiqué chez (sur?) Spirale, voici le texte de présentation de Mathieu Arsenault qui a dirigé le numéro:
« Est-ce poétique ? »

par Mathieu Arsenault

Poser la question du poétique revient nécessairement interroger le genre. Non pas tant pour le mettre en doute que pour essayer d’en mesurer l’étendue d’une manière épistémologique. Se demander, comme on tentera de le faire ici, si tel ou tel objet est poétique, consiste à arpenter la limite entre ce qui constitue de la poésie et ce qui n’en est pas, peut-être moins pour effectuer un tri nécessairement arbitraire entre la « bonne » et la « mauvaise » poésie que pour rendre compte des tensions polémiques, des jeux de pouvoir et des déplacements imperceptibles qui s’opèrent dans la définition commune de la poésie et du genre poétique.

Car les genres littéraires sont des lieux où s’exerce un pouvoir difficile à identifier. Malgré toutes les réflexions sur l’hybridité, l’in-forme, les identités intermédiaires ou flottantes, les genres persistent et imposent un classement arbitraire mais difficile à remettre en question. Ils dominent dans les manuels scolaires d’histoire littéraire, dans les chroniques de journaux, dans les formulaires de demandes de bourses et de subventions. Or, dans ces espaces de pouvoir et de transmission de la tradition, le genre apparaît dans une transparence suspecte qui cache à quel point son attribution à une œuvre demeure chaque fois le fait d’une interprétation et non d’une identification. Le genre demeure aussi, de ce point de vue, un espace de pouvoir où rien n’est donné au hasard, où s’opèrent les exclusions et les censures arbitraires.

Toutefois, poser la question du poétique comme problème permet aussi de penser en bordure de cet espace de pouvoir les excès de légitimation d’œuvres de qualité moindre mais cependant tout à fait conformes aux exigences de la tradition, comme elle permet de penser les potentialités de fuite et de renouvellement pour la poésie.

C’est dans cet espace à la limite du genre poétique que les tensions entre conservatisme et renouvellement sont les plus fortes, et donc les plus faciles à rendre manifestes. Il suffit pour s’en convaincre de faire comme Sylvano Santini et de se demander ce que l’adjectif « poétique » vient faire dans les comptes rendus de spectacles de cirque pour voir comment s’élaborent insidieusement les stratégies de légitimation d’un type de divertissement sans grande potentialité de remise en question du spectateur ; ou encore de remarquer avec Jean-François Bourgeault comment la rapide inclusion de Grand Corps Malade au panthéon des poètes tient surtout à ce que sa rime et son rythme correspondent plus ou moins à une actualisation de l’idée la plus banale et réactionnaire que le grand public peut se faire de la « belle poésie ».

Au-delà de ces troublants passe-droits institutionnels, on doit cependant remarquer que l’espace du genre poétique est aujourd’hui plus vaste que l’idée qu’on peut s’en faire. Les auteurs consacrés pour leur marginalité viennent nous rappeler que la question du poétique n’est jamais définitivement fixée. Normand de Bellefeuille rappelle ainsi comment le rythme de la prose de Thomas Bernhard possède une filiation ambiguë avec la « mauvaise poésie ». Marie-Hélène Charron-Cabana quant à elle rappelle comment l’inclusion des textes de Suppôts et Suppliciations d’Artaud dans une collection de poésie est problématique à l’égard de la définition même de la poésie selon Artaud.

À la périphérie de sa pratique actuelle, la poésie pose également problème. Chez Renée Gagnon et Marc-Antoine K. Phaneuf, elle joue avec les images, et les clichés menacent de basculer dans le canular ou l’imposture expérimentale, mais heureusement, elle reprend pied juste avant de tomber. Elle flirte aussi avec l’oralité. On la présente sur scène non sans perdre parfois de vue la différence entre sa pertinence et sa spectacularisation comme le rappelle LeRoy K. May, un slameur de Québec. Elle apparaît aussi parfois comme un objet hybride, à la fois imprimé et endisqué, chez André Marceau ; on tente aussi de la capter sur pellicule avec des résultats variés qui retirent parfois un peu de liberté à son lecteur, comme l’explique Martine-Emmanuelle Lapointe. Elle déborde finalement dans le champ de l’analyse de la chanson où, comme le rappelle Lise Bizzoni, le degré de « poéticité » du texte demeure un sujet de débat des plus actuels.





Dans un sketch de la troupe canadienne The Kids in the Hall, deux personnages beckettiens extrêmement affamés cherchaient à manger dans la crasse de leur appartement minable. L’un se mettait dans la bouche la moindre saleté qu’il trouvait alors que l’autre lui demandait : « Is it food? » L’autre répondait alors : « No, it’s not food » et ainsi de suite à répétition. J’ai proposé de la même manière à mes collaborateurs de fouiller dans la saleté, de se la mettre dans la bouche et de répondre à la question : « Est-ce que c’est poétique? », en espérant quand même que la réponse ne serait pas inévitablement : « Non ». Ce ne fut pas le cas.

Un autre pour la luck:

20.12.08

La Mère Poule lance ses premiers oeufs!

Communiqué de Frank Poule, slammaster de Sherbrooke.

Bonjour à toutes et tous,

Comme plusieurs le savent, mon amour et ma dévotion pour tout ce qui se dit (poésie, conte, discours, chanson, rap, slam et tant d'autres!) est sans borne. Tellement sans borne, que je me fais une obligation de faire découvrir tout cela à travers les évènements que j'organise ou par diverses rencontres impromptues! Mais force était de croire que mes efforts de création, d'édition, de production et de diffusion se devaient d'être rassemblés sous une forme plus cohérente afin de rendre le tout accessible.

Alors voilà. Je vous fais part de ce lieu que j'ai inventé dans mon imaginaire, un lieu pour couver la parole, l'écrit et la poésie. Un grand poulailler culturel que je nomme maintenant très affectueusement La Mère Poule. Il y aura rassemblé en ce lieu imaginaire, au cours des années à venir, des pontes personnelles, des oeufs rares trouvés en chemin, des petits cocohérents et des oeufs brouillés. Des oeuvres de mon cru, de d'autres crues et même des choses dont vous n'auriez jamais cru.

Est-ce une maison d'édition? de diffusion? de propagande?? Tout cela en même temps j'imagine. Un lieu de liberté, d'expression qui sort nécessairement des règles de l'entreprenariat. Un cadre imaginaire pour favoriser la cohérence à mon avis.

Je vous souhaites donc bienvenu en ce lieu, à bâtir avec vous, et voici en quelques mots de plus, un aperçu de sa charpente du moment.

Ce que la Mère Poule propage :
  • Cratère, un récit poétique d'Étienne Provencher-Rousseau, auteur de Sherbrooke, et Étienne Després, graphiste.
  • Pop sac-à-vie, un disque de poésie sonore d'André Marceau, slamestre de SlamCap de Québec.
  • Slam ta muse, un recueil de poèmes des slammeurs-euses de la ville de Québec
  • Tu prendras parti et je prendrai... par là, un recueil du poète/chansonnier/humoriste Guy Perreault
Ce que la Mère Poule couve pour 2009 :
  • Sainte criss de paix, un DVD du spectacle de poésie de Edmé Étienne, punk anarcho-chrétien de Québec
  • Enfarfadelle, un récit poétique sous forme de livre-disque de Sophie Jeukens (Sô Jeu), poétesse de Sherbrooke.
  • Paroles - Festicourt 2008, un recueil de textes courts ramassés lors du Festival du texte court de Sherbrooke de 2008
  • Toilette publique 2.0, un recueil revu et renfloué de poésie de Frank Poule, votre bien-aimé poulet.
Un disque (prénommé pour l'instant Moins que lien) de poésie/rap/humanitude de David Goudreault, slammeur de l'équipe du Tremplin (gagnant du Grand Slam national de 2008)

À vous de voir à y ajouter à cette charpente brindilles comme poutres.
Vous pouvez :
  • Acheter un ou plusieurs de ces supports à imaginaire (livre, CD, DVD)
  • Me proposer un projet (de livre, de spectacle, de vie)
  • M'ouvrir des portes, des fenêtres, des esprits
  • Faire un don d'énergie, de temps, d'argent ou d'organes
Vous pouvez consulter le fichier en pièce jointe pour plus d'information sur les divers objets présentement diffusable.

Vous pourrez aussi bientôt aller visiter mon poulailler virtuel sur Internet et peut-être même y faire des achats!

Amitié et solidarité,

Frank Poule

P.S. Je vous ferai parvenir un projet de solidarité artistique plus tard dans cette fin de semaine qui pourrait intéresser les murs des vos logements/maisons/manoirs.

12.12.08

Là où le Mistral souffle

Hier matin je prenais mes mails pour voir si tu avais commenté un post.

Mais non.

Rien.

Rien hormis un mail de Christian Mistral. Le cœur qui bat la chamade. Comme une ado qui voit Brad Pitt en personne.

Je m'aperçois ensuite qu'il a mis sur son blogue une vidéo que j'ai filmée mercredi soir!

Bouche l'abbé.

J'avais même pas envie de te la montrer mais comme le grand souffleur en a décidé autrement, la voici.

Le texte est de Méthane Alyze.

1.12.08

Mayday. Texting Dr. May

C'est terminé.

Après un mois d'effort soutenu - malgré que je n'aie pas réussi à écrire 50,000 mots en un mois - je pense que les bases sont jetées pour l'histoire du docteur May.

Je retravaillerai maintenant le texte afin d'en faire un matériau plus digestible, mais il n'empêche que je devrai laisser reposer la chose avant de pouvoir l'attaquer de nouveau.

J'aimerais à nouveau remercier tous ceux et celles qui ont lu les aventures du docteur May et qui les ont commentées. J'espère que vous avez eu autant de plaisir à les lire que j'en ai eu à les écrire.

Mais demain, c'est le slam session! Alors on met de côté le narratif pour aller entendre les Dr. Faust de ce monde!

18.11.08

Read the Flow, Manifest

Read the flow
Manifest
Là où le bât blesse

Steal the show
C'est l'ivresse
Ent' tes jolies fesses

Je slamme su' l'temps
Comme un sultant
C't insultant

De t'entendre décrier
Et de sombrer dans le cendrier

Des ombres sans nom
Comme le nouveau sans bon
C'était bon sans bon sens
J'y aurais laissé mon sang

J'y aurais laissé ma virilité
J'aurais sombré dans débilité
Mais wo! Articule
Pète pas toutes tes ventricules

Si on comprend rien c'que tu dis
Comment veux-tu qu'le jury jouisse?

Ben non c'pas ça la game
On fait pas ça pour le fame
On fait ça pour tripper
Pis pour la poésie déculottée

Ça fait que si tu venais icitte
pour compter des vers et des pieds
tu vas t'faire faire un pied-nez
Pis t'en retourner dans (les) boule-à-mites

Ben non j'pas sociétal
J'parle même pas d'ma famille
J'parle même pas d'la famine
Au Timor-Oriental

Serais-je dénué
de toute conscience politique
ou comme Bérénice Einberg
serais-je apoplectique?

Non je cherche le groove dans les mots
Le sens m'importe peu
C'est comme un peu de chaux
Sur mes maux qui peu à peu

S'estompe en pompe
Poème-bombe poème-tombe
Seront-ce les pompes funèbres
D'un autre bel Éphèbe?

Read the flow
Manifest
Là où le bât blesse

Steal the show
C'est l'ivresse
Ent' tes jolies fesses


Comment décrire la mort
Le mors au dent
L'Adam qui mord
Entre les jambes
d'Ève et murmure

Qu'la poésie
Qu'ta peau ici
Qu'La Boétie
dans l'fond
C't un peu moisi?

J'ai comme un raz-de-marée
de rime qui m'arrive de nulle part
du Rhum qui m'arrime
en un énorme tintamarre

C'est comme une gorgée de trop
Dans un 5 à 7
Avec une danseuse à go-go
Dans un slip à sexe

Où j'aimerais me glisser
entre les lèvres charnues
Séparer déplisser
À coups de langue ténus

Le Paradis terrestre
Entrevu entrouvert
Le calvaire ingénu
Où j'aimerais laisser mon reste

C'est dans une chambre chaude
Vue de plongée en action
Que je rentre à la maison
Pour défier tes oraisons

Jusqu'à trouver la raison
De l'enfer ta saison
De ta chatte en salaison
Est-ce mon âme que tu fraudes?

Read the flow
Manifest
Là où le bât blesse

Steal the show
C'est l'ivresse
Ent' tes jolies fesses

30.10.08

Poésie (sic!). Sick Poetry

Je soliloque en solitaire
esseulé assoiffé
de savoir va savoir

Je me parle pour parler
tout le monde m'en parle
mais tout le monde m'emmerde

de gros mots en gros bon sens
je fais sans dessus dessous
semblant d'être signifiant

Je fantôme entre vous, boo!
Chassant l'essaim
séchant le sang
sur ton sein

Je suis signifié
je suis signe et kifé
tu sanctifies le chant
du cygne que je suis

C'est le mois des morts
le mois de Moi
le mois des mois qui t'émeuvent
le mois de ma mie qui m'abreuve
de ses mamours molichinelles
saltimbanque des désamours

Mourrisse et pourrisse l'écrevisse
du songe
entre les miches d'un néologisme
à la Ponge

Et le slam dans tout ça?
Et le public dans tout ça?

Il faudrait que je jouisse du jury
Que je jure et murmure
Me genouflexiant entre les pierres du chapelet
de la belle ou du beau
Qui me note que je joue son jeu
Que je me le
Que je me la tape en douce entre les
6.9 et les 9.6
Cuz if a 6 turned out being 9
I don't mind I don't mind
Disait Jimini Criquet sur sa Stratocaster
crème gauchère et cordée à l'envers
Entre deux Oh-oh say can you seeeeeeeeeeee

Hit me!

Dah-dam,dah-dam,dah-dam
Dah-dam,dah-dam,dah-dam

Je suis aussi Noir
Que Barack Obama
surfant sur le Mississippi

J'ai des caisses de rime en triolet
Prêtes à faire sauter
un État de l'axe du Bien-Pensant

Je trimballe dans ma poche arrière
un Afghan, un Irakien et un Libanais
(juste au cas où)
(juste au cas où)

Où j'aurais les moyens de moyenner
l'Moyen-Orient et d'l'orienter
dans l'bon sens du Moi

Et le slam dans tout ça?
Et le public dans tout ça?

Je serai poète jusqu'au bouche-à-bouche
de ton entre-jambe
Je déboucherai l'entendement des bombes
de tes lectures estivales
Et je brûlerai en passant un best-seller de cuisine
et le dernier life-coach book sur l'art de vivre
zen-en-santé-en-guérissant-le-cancer-et-le-cholestérol
pour te crisser
  • Chorégraphies de Mylène Lauzon
  • Téléthons de la Grande Surface de Marc-Antoine K. Phaneuf
  • et Aïe! Boum de Gilles Amalvie
dans ton bas de Noël

Une claque s'a yeule avec ça?

I'll drink to that honey-bun, pis ramène-moi donc une autre bière mon p'tit sucre

29.10.08

Un p'tit nouveau dans la blogosphère

Depuis environ une semaine, André Marceau, Annie Beaulac et votre tout dévoué ont mis en place un blogue pour Slam cap, le présentateur officiel des slams de poésie à Québec.

Vous y trouverez les communiqués, comptes rendus, et plus si affinités.

18.10.08

Fous ta cagoule

Parodie des vidéos de rap hardcore (ou gangsta rap). À voir surtout pour la parodie de Grand Corps Malade où il dit (avec le même ton détaché):

Je voudrais jeter une slam
Pour cette maladie qui l'hiver l'anus m'irrite
Un virus venu du froid qu'on appelle gastro-entérite
La prochaine fois je mettrai ma cagoule