14.5.07

Émeraude

Une nuit glaciale
Deux messies-scorpions — perdus
Un charmeur discret

Pourquoi les échéances n'existent pas

Depuis que certains philosophes ont exposé l'idée selon laquelle le Désir agit à l'extérieur de la contingence du Temps, le concept même de Deadline est totalement dépassé.


-- Mivil, philosophe zen

Baseball

Frappée au champ droit
Un papillon qui s'éteint
Un relais parfait

12.5.07

11.5.07

Chimère

fantasque fantasme
étreinte impossible absente
fantastique idylle

photos : Chimera © Erika B.

10.5.07

Ville de M. — La Route

La route secondaire qui nous mènera vers la ville de M. est étrangement belle. Mais avant de quitter notre grande ville, nous avons croisé des lieux remplis de souvenirs : le bar où j'ai rencontré Jakeza; l'université où j'ai subi mes études littéraires et où Jakeza a réussi with honors son doctorat en psychologie behavioriste; les cafés où j'ai déclaré ma passion plus de cent fois, où j'ai déclamé des poèmes sans sens, où j'ai chanté le blues du vingtnaire blasé.

Toute cette myriade de flashbacks se trimbale dans ma tête pendant que Jakeza regarde par la fenêtre, plongée dans une rêverie sans nom; Naoko sifflote des phat beats en tapotant sur le siège avant et Nokäa aligne les vers comme un pécheur en manque de chance.

Arrivé au pont Xantippe, j'ai le goût d'une bière rousse qui me râcle la gorge tandis que les enseignes tape-à-l'œil tentent de nous vendre un livre à scandale, un alcool sucré ou un disque à l'eau de rose.

C'est l'arrière-goût amer de notre grande ville d'Alcibiade que nous laissons couler le long de notre œsophage émotif; les navettes font l'aller-retour entre le temple de Socrate et la banlieue sud sous mes pneus, le chant du métro se fait plus distant, malgré ses accords décousus et pointés.

Sur la route secondaire qui prolonge la vie incessante du pont Xantippe se dresse des collines de part et d'autres comme en un rêve brumeux. Les cimes des arbres, mauves, parlent aux nuages qui terminent leur partie de poker : je suis visiblement épris d'un psychotrope éclatant. Les arbres ne parlent pas, les nuages dorment.

— Mettrais-tu de la musique?

Jakeza est toujours prise par ses rêveries (nostalgiques?) et n'entend pas ma question. Je la répète en mettant l'emphase sur le mot musique.

— Hein? fait-elle, comme extirpée d'un profond sommeil.

— Qu'est ce que t'as envie d'écouter?

Jakeza ouvre distraitement la radio sur la chaîne AM. Ça griche. La radio fait "kchhh" et cela ne semble que me déranger.

— Qu'est ce que t'as?

Jakeza ne me répond pas, toujours partie dans son monde parallèle. Je commence à perdre patience.

— Jak, veux-tu ben me dire kessé que t'as?

Elle hésite. Elle me répond enfin, faiblement.

— C'est lui.

— Qui ça, lui?

— Tu sais.

— Ah! Pas encore! fais-je, excédé. Tu sais ben qu'il faut pas que tu t'impliques. C'est toute des fuckés!

— "La sexualité n'existe pas".

— Ah! Arrête avec tes citations lacaniennes à la noix!

— Attention!

Comment écrire un scénario de 20 000 mots en un mois

It's the summer blockbuster premiere you've all been waiting for.....

Script Frenzy, the month-long scriptwriting adventure from the people who brought you NaNoWriMo, has officially arrived at http://www.scriptfrenzy.org!

Check it out and see if you don't get a burning desire to dust off your laptop and hammer out a two-hour tale about star-crossed lovers or renegade space cowboys or
a creeping black ooze.

Writer sign-ups for the June event are already in full swing, so head over to Script Frenzy dot org now and join in the Frenzy.

See you there!

The Script Frenzy Team

9.5.07

Mon Podcast qui mourre

Mon podcast a besoin d'aide (odeo/cc4642d65fc12ca5).

Fak ça a l'air qu'il faille que je fasse des postings débiles et inutiles...

4.5.07

Ville de M. — Le Déménagement

— Es-tu prêt?
— Oui.

Jakeza vient de terminer ses boîtes. Dans moins d'une demi-heure, nous partons vers la ville de M, où Jakeza a obtenu un poste de psychologue en entreprise chez Mémoires, une boîte de fabrication de composants logiciels.

Après plusieurs années de vache maigre, nous réalisons enfin un rêve: vivre tranquillement à l'écrant du brouhaha de la grande ville. Nous nous imaginons nus pieds dans notre cour, passant des brindilles entre nos orteilles en sirotant un alcool local, ou en train de courir après nos filles jumelles, Naoko et Nokaa, que nous avons adoptées au Japon il y a de cela 6 ans déjà.

Je viens à peine de fermer la dernière boîte, celle qui contient tous les logiciels nécessaires à l'installation de ma machine, un petit portable Dell cadencé à 4 gigahertz et doté d'une mémoire vive de 2 gigaoctets; mon lecteur DVD supporte tous les formats récents, et mon système audio rendrait jaloux les plus grands interprètes de R&B de la planète.

Les déménageurs arrivent.

— Bonjour ma petite dame, prête pour le décollage?

C'est Raymond qui s'exprime ainsi, un quincagénaire qui en a vu d'autres. Un de ses bras est atrophié, il a un oeil de verre, il fait peur aux jumelles.

— Ayez pas peur belles demoiselles, Raymond est là pour déménager vos boîtes dans votre nouvelle maison. Avez-vous hâte?

Les jumelles ne répondent pas. Gênées, elles préfèrent aller jouer avec les chats des voisins, boire une limonade avec leur meilleure amie, Myrtille, avant de faire leurs adieux.

— Avez-vous fini de paqueter vos boîtes?
— Oui. Tout est là, vous avez juste à tout embarquer, on va regarder le spectacle, dis-je à Raymond, qui nous présente Elvis, son associé, et Clyde.
— Elvis et Clyde? Ça augure bien... En autant que vous ne vous sauvez pas sur une île déserte avec notre stock!, leurs fais-je à la blague.
— Inquiétez-vous pas monsieur?...

Il regarde sur le bon de commande.

— Karl.

Je déteste qu'on m'appelle monsieur.

— Monsieur Karl?
— Non, Karl tout court.
— Ah bon.

Jakeza semble anxieuse et pourtant, nous n'étions pas particulièrement heureux dans cet appartement.

— Qu'est-ce qu'il y a?
— Je sais pas.
— Tu ne te sens pas bien?
— Non, non. Ça va.
— Alors on y va?
— Oui, mets-en qu'on y va. Déguerpissons!
— Naoko, Nokaa, on y va!

Les jumelles disent aurevoir à Myrtille.

— On va s'écrire hein?
— Bien sûr qu'on va s'écrire, répondent les jumelles en coeur. Et je tiens absolument à ce que tu participes à notre MySpace.
— C'est sûr. Les gars vont être trop jaloux!

Les jumelles et Myrtille s'embrassent, se font une longue caresse.

— Allez les filles, vous allez la revoir, votre Myrtille au bleuet.

Les filles me lancent un regard noir. Elles n'aiment plus trop l'humour de leur vieux père maître ès calembours.

— Allez Myrtille, on se voit sur le net. Dès qu'on arrive, on branche la webcam, on te montra l'appartement.
— Cool.

Myrtille s'éloigne pendant que nous plaçons nos valises dans la minivan. Naoko a apporté son iPod tandis que Nokaa fourre son journal, ses cahiers et ses crayons dans son sac. Sûrement pour écrire un poème fleuve pendant le voyage de trois heures qui nous attend.

Photos : twins © Erika at Ebank.

2.5.07

Kiosque à limonade

Ceux qui le connaissent le reconnaîtront. Les autres apprendront à le découvrir.

Place au spectacle du phonomonteur, mélodicastapageur M.athieu et au chordorganiste, enharmoniste, autoharpiste et résonnateur S.ébastien.

Mentionnons la présence sensorielle de R.olland.

26.4.07

Je suis numéro 1 sur Google

J'ai failli m'étouffer. En tapant "lkm" dans Google, le site de votre tout dévoué se retrouve au top du top pour cette recherche.

Je suis bouche l'abbée.

Le Fond du monde

Chanson écrite par bourbon pour votre tout dévoué. J'y ai par la suite ajouté mon grain de sel. Lorsque bourbon et superk auront un band, il s'appellera Jumelles Japonaises.

Au-dessus des paroles, ce sont les accords, pour ceux qui savent les lire.

A ----------- Bb
Moi je suis rien
G ------------------ A7
Qu'une 12aine 2 cassés
A --------------------------Bb
Quand je regarde dans le miroir
G -------F ---------- E
C'est le fond de la poêle

A ------------- Bb
Les jours les nuits
G ----------------------------------- A7
Sont bourrés de croches pis de noires
A ---------------------- Bb
Un buzz du fond du monde
G ----------- F --- E
Vibre entre mes oreilles

F ------------------- G ------------------- A7
Mais je prends le temps le temps de chanter
A7
Je chante pour les oiseaux
F
Les escargots
G
Les écureuils
A7 (2X)
Et les chats

E7#9
Qui rôdent dans ma cour
Bb13 ----- Bb13/A
Y veulent pas de mon lait!
E7#9
Qui fouine dans mon four
Bb13 - Bb13/A
Marie-Hélène! Yeah! (2X)

A ------- Bb
Avec le temps
G ---------------------------- A7
Des graines s'accumulent à la surface
A --------- Bb
Je rince la vaisselle
G ----------- F ----------- E
En pleurant le fond du monde

A ----------------- Bb
Je les regarde se lécher
G ----------------- A7
Dormir manger et méditer
A --------------------------- Bb
Ça fait passer le mauvais temps
G --------------- F ------- E
Et c'est mieux qu'avec Gaétan

A ------------ Bb
Moi je veux rien
G -------------- A7
Qu'une vierge déchiquetée
A -------------------------------------- Bb
Quand je hume le parfum dans le couloir
G -----------F --- E
C'est celui de ta moelle

A --------------------------- Bb
Les jours sont profonds comme des puits
G ---------------- A7
Sont bourrés de quadruple-croches
A ---------------- Bb
Des vagues des ondes
G ----------- F --- E
Vibre dans mon oseille

A- Bb
Dans mon champ
G A7
S'agglutinent des bites dans ta face
A- Bb
Je rince ta cervelle
G F E
En pleurant le fond du monde

A --------------- Bb
Je les regarde se ronger
G -------------- A7
Vomir roter et dégueuler
A --------------- Bb
Ça fait filtrer le mauvais sang
G --------------F -------- E
Et c'est mieux qu'avec Réjean

Les Jeunes Mariés

À trois, il se crée un autre langage, et avec une personne de plus, ça change encore. Voilà longtemps que j'observe cette ville. Toi aussi, de ton côté, c'est ce que tu as toujours fait. Il y a beaucop de gens comme nous, qui savent "garder une certaine distance par rapport à Tôkyô", et moi, je te parle la langue que seuls ces gens-là sont capables de comprendre. Mais si j'avais à côté de moi une gentille petite mémé qui vit toute seule, je lui parlerais sans doute le langage de la solitude. Et si c'était un homme sur le point d'aller se payer une femme, je choisirais le langage de la sexualité. C'est aussi simple que ça.


Banana Yoshimoto, in Lézard

25.4.07

La Part maudite ou l'oubli du silence glissant

dans la région des rondes, des soupirs, la part maudite la plus perverse est celle du silence, mot glissant, qui vient mourir comme l'abolition du bruit poétique. si nous vivons sans conteste sous la loi des sons, ces mélodies sont en nous comme si elles n'étaient pas.

la part sera maudite ou ne sera pas arpèges de muscles, jet de sons intempestifs : toute religion confondue, la nuit aussi est un sommeil comme le sexe de la part maudite est une guitare acérée qui gémit au creux d'une basse humide.

la part du mal cherche la cyprine d'argent :
  • accords de sperme
  • gammes de strip-tease
  • sensualidad de los dosillos de los cuerpos
  • triade de muscle
  • quintuplet rythmique
la part maudite est dans le temps ce que l'acte sexuel du tigre est dans l'espace. de toutes les musiques convenables, la mort sous sa forme minimale est le cunilingus avorté d'un orgasme imprenable, beau et cher comme l'excommunion des pécheurs non repentants.

lentement, cette musique se substitue à l'ouïe perdue que seule une prothèse fétichiste et distordue peut faire plaider coupable, vieillissante, croulante, comme le potlatch irrécupérable d'une valse wagnérienne, sacrifiée à chaque temps, à jamais perdue entre les quarts de ton et l'irrésistible envie d'exciter le membre ivoire par une vision d'ébène.