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4.2.11

tempête

tempête


.. dans un verre d'eau - ou la fin des lignes


deadline.
quand il m'a écrit ce mot là, je me suis dit que c'était fichu. qu'il n'y avait plus rien à écrire.
puisque la ligne était morte
tout avait déjà été écrit, dit, lu, entendu, raba ché
et puis je me suis ressaisie. je me suis
posée et j'ai
écouté.

deadline.
qui n'est pas la fin que l'on croit.
qui brouhaha dans les salles de rédac'
(tout ce bruit autour
alors qu'il faut boucler, flasher, imprimer, distribuer
quel chahut pour une limite alors que demain, il faudra tout autant recommencer
quel chahut..)
dead.    line.
quoi à la fin ? un point une      interrogation unecolère.. un temps suspendu                
                    en      vol    
                       plein
                          
                                       ailleurs
dead line n'est pas la mort que l'on croit                                          ailleurs
n'est pas non plus une fin en soi                                                                                                aill         eurs
une faim
plutôt oui. celle de ne pas cesser.
deadline.
petite mort.
mais pas. pas mort.
juste un chemin parcouru. d'autres suivront.

le point final n'est pas celui qu'on veut bien nous faire croire. il se prolonge sur d'autres voies de traverse.
là à rêver..                                    ou pas.


(je n'aime pas les dates limites. je préfère le souffle du vent.)

De Jeanne, dans le cadre des vases communicants de février. Mon texte, Hommage à Zavack, est ici. merci Jeanne!


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« Tiers Livre et Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. »
La liste des participants est disponible sur le blogue des vases communicants et sur Facebook. 

4.12.09

Les Vases communicants selon Brigitte Celerier

Aujourd'hui c'est le premier vendredi du mois. C'est aussi le jour des vases communicants. Ce que certains ont appelé "le Grand Dérangement" (mais rien à voir avec la déportation des Acadiens...).

Outre ceux que j'ai écrits chez Marie-Hélène Voyer (série Interversens, 9 et 10), et celui qu'elle a écrit ici (Poulpe fiction), voici une liste non exhaustive des autres vases communicants retracés sur Twitter par Brigitte Celerier (@brigetoun):

Vases communicants harmonieusement (certainement) ce 4 décembre:

N'hésite pas à m'en signaler d'autres!

Poulpe Fiction

Deux-mètres-carré-cinq-kilogrammes de chairs. Tout se répand et s’entrecroise sur vos organes éblouissants, attisés, laminés, complètement visibles et transportables. Tout se répand et tu mimes les brèves familiarités. Ça s’entrecroise et sur ta peau l’air se raréfie, se fait lisse. Tu navigues et ton épiderme submersible s’étonne et cherche si fort un instant plus rapide qu’une seconde et tu nais aux vitesses pures et sans obliques. Maintenant l’air est rare et le vent se durcit aux parois des villes perpétuelles et tu penses aux matins innommables et aux cris mécaniques. Il y a des ventouses, beaucoup de ventouses et des doigts de bouche qui cherchent ta langue et ça continue.

Deux-mètres-carré-cinq-kilogrammes de chairs. Tu cherches ton souffle et l’écume se densifie et tu t’écrie aux candeurs desséchées et tu fuies les gorges savonneuses des chambres offensives. Tu t’enfonces dans les longues distances verticales, tout se répand et s’entrecroise et vos tentacules innombrables s’imprègnent de cris mécaniques et ça continue : la pression ambiante, les pieuvres contractiles, les profondeurs chromophores. Elle arrive et s’approche et t’observe et son ventre de poupée ondoie aux langues des néons et elle sourit et se répand et se déploie dans le silence de résille et toi tu t’enfonces dans les longues distances verticales.
Dans l’abîme qui s’écarte, la narcose t’encercle de ses équinoxes huileux.