4.12.09

Poulpe Fiction

Deux-mètres-carré-cinq-kilogrammes de chairs. Tout se répand et s’entrecroise sur vos organes éblouissants, attisés, laminés, complètement visibles et transportables. Tout se répand et tu mimes les brèves familiarités. Ça s’entrecroise et sur ta peau l’air se raréfie, se fait lisse. Tu navigues et ton épiderme submersible s’étonne et cherche si fort un instant plus rapide qu’une seconde et tu nais aux vitesses pures et sans obliques. Maintenant l’air est rare et le vent se durcit aux parois des villes perpétuelles et tu penses aux matins innommables et aux cris mécaniques. Il y a des ventouses, beaucoup de ventouses et des doigts de bouche qui cherchent ta langue et ça continue.

Deux-mètres-carré-cinq-kilogrammes de chairs. Tu cherches ton souffle et l’écume se densifie et tu t’écrie aux candeurs desséchées et tu fuies les gorges savonneuses des chambres offensives. Tu t’enfonces dans les longues distances verticales, tout se répand et s’entrecroise et vos tentacules innombrables s’imprègnent de cris mécaniques et ça continue : la pression ambiante, les pieuvres contractiles, les profondeurs chromophores. Elle arrive et s’approche et t’observe et son ventre de poupée ondoie aux langues des néons et elle sourit et se répand et se déploie dans le silence de résille et toi tu t’enfonces dans les longues distances verticales.
Dans l’abîme qui s’écarte, la narcose t’encercle de ses équinoxes huileux.

1 comment:

LeRoy K. May said...

wow|! quel vase! et ça communique ici et