9.1.10

Tout ce que vouliez savoir sur Laurent Zavack

J'ai tenté une twitterview (entrevue par Twitter) avec Mélodie Nelson avant les Fêtes, et tu as bien aimé. Maintenant, je t'en propose une avec Laurent Zavack, jeune auteur cinglant qui fait dans le twitteroman, entre autres.

Je m'attendais à des réponses par Twitter, en messages directs, mais comme monsieur ne respecte aucune convention, ben il m'a envoyé ses réponses par mail.

Voici le résultat:

Q. Je t'ai découvert lorsque tu as écrit Kamuks, l'un des premiers twitteromans terminés, peux-tu nous le résumer?
LZ. Concernant Kamuks, je ne suis pas très bon pour les résumés mais il s'agit en gros de deux histoires parallèles, avec une chute assez belle et inattendue.

La première des deux histoires est celle de deux loosers. Le premier est un type de vingt-cinq piges qui a plaqué sa vie misérable d'insecte-cadre dans une boîte de comm, suite à la mort prématurée de ses parents et surtout à l'héritage de quelques maisons à louer, pour s'isoler dans un f3 de banlieue et n'en plus sortir (même commander la bouffe sur le site d'Intermarché, un no-life). Le deuxième a presque le même âge, il est châtelain en Bretagne et roule en Roll's Royce, je n'en dis pas plus le concernant. Leur histoire débute lorsqu'ils se rencontrent pour réaliser la mission qu'ils avaient programmée sur le forum où ils se sont rencontrés: kidnapper puis séquestrer leur actrice porno favorite qui crèche dans le Sud, vers Carcassonne.

La deuxième histoire, en parallèle mais qui finit par s'entremêler bien sûr, c'est celle d'un mec MDR, mais vraiment mort de rire, suite aux interventions médiatiques des membres du gouvernement Sarkozy. Il se retrouve dans sa tombe, d'abord comme mort-vivant fantôme, puis ressuscité, et avec un téléphone portable connecté à Twitter. Il finit par prendre contact avec une société secrète et découvre leur métropole, Pixel-City. Il prend une chambre à l'hôtel Facebook et je ne vous en dis pas plus. 200 pages et quelque, 5 euros.

Q. Sur tes photos on te voit souvent une bouteille à la main, qu'est-ce que tu bois quand tu écris?
LZ. En toute franchise je bois tout ce que je trouve, bières, bières mixées (avec du Picon ou du Whisky, j'aime bien les Dames du Lac), vin rouge, vodka, whisky... Mais le plus souvent, j'ingurgite la moitié d'une teille de scotch et c'est parti. Je pourris de l'intérieur avec une certaine grâce, pour paraphraser une poétesse, elle aussi inconnue.

Q. Récemment tu as annoncé que tu avais publié avec une maison d'édition électronique (Christophe Dugave), peux-tu nous en parler?
LZ. Ce monsieur, presque six mois après la publication d'une de mes nouvelles sur le site des éditions Léo Scheer, m'a tout simplement contacté en trouvant très « stylé » ce que je faisais. J'ai répondu favorablement parce qu'il avait l'air très honnête, pas commerçant pour un sou, et effectivement ce monsieur m'a donné par la suite l'impression d'avoir le cœur sur le main, et une énorme bonté dans ce
cœur.

Q. Dans quel groupe rock aimerais-tu jouer? Tu y jouerais de quel instrument? Tu serais du genre Slash, Jeck Beck ou Thom Yorke?
LZ. Contrairement à ce que mes écrits peuvent laisser penser, je n'écoute pas du tout de rock, où alors mon bon vieux Morrison. Je ne connais aucun des trois noms que tu viens de citer. J'écoute beaucoup de musique baroque, François Couperin et Marin Marais, mais plein d'autre petits trucs piochés dans tout les styles musicaux, à partir du moment où on trouve un individu derrière l'œuvre, pas de la cacophonie et du texte crétinisant pré-fabriqué pour que mes semblables persistent à ne pas penser. Pour répondre à ta question, j'aurais aimé boire une bouteille de bourbon avec Morrison, pour lui dire entre autres qu'il pastichait trop Rimbaud. Concernant l'instrument, pareil, avec Morrison, et en train de taper le cul de ma bouteille vide sur la batterie, en en réclamant une autre.

Q. Récemment tu as insulté @melodienelson sur Twitter. Réalises-tu que tu viens de te faire une méchante gang d'ennemis?
LZ. Cette blogueuse a vraiment une paire de seins exquise. Pour ce qui est du reste... beaucoup d'ennemis, beaucoup d'honneur.

Q. Comment comptes-tu faire évoluer le personnage de Nicolas Ardberg dans Kaosopolis?
LZ. Pour ce qui est de Nicolas Ardbeg, le héros d'une de mes nouvelles que j'ai publiée sur mon blog, j'ai volontairement laissé du flou sur sa vie d'après, sûrement à l'hôpital psychiatrique. J'ai le projet de la poursuivre où, par exemple, dans la chambre de son asile de dingue, il partirait dans sa tête et évoluerait avec les personnages de Kaosopolis, en connexion directe.

Q. Je viens de lire Terreur à Frustration Ville. Il est un peu normal que ton premier roman (Kamuks) soit resté sans réponses, non?
LZ. Bien sûr, surtout que je l'ai écrit en deux mois! Mais l'histoire est pas mal et la démarche intéressante pour faire parler de soi. Comme me le disait récemment un écrivain québécois, il suffit qu'un Beigbeder, toujours en retard d'une guerre, s'y mette et nous serons les pionniers. Après, même s'il est tout à fait naturel de se faire recaler son premier roman, quoique ce ne soit pas arrivé à Céline mais c'était quand même une autre pointure que Zavack ou Dupont, pourquoi se priver d'écrire une belle petite nouvelle bien sanglante envers le milieu littéraire sur fauteuil moelleux? Un commentateur m'a dit que ma nouvelle était la revanche de tous les auteurs, ça m'a beaucoup touché, et ça me suffit pour l'instant.

Q. Si tu étais un poème, tu serais 1) un haïku 2) un sonnet 3) un quatrain 4) un poème symphonique?
LZ. Un quatrain sans hésiter. J'ai une répugnance quasi irrationnelle pour les haïkus, du moins ceux qu'écrivent les gens d'aujourd'hui. Un quatrain d'Omar Khayyâm sans hésiter. Je te laisse choisir lequel.

Q. Ton rapport au sexe en littérature est assez direct, et dans la vraie vie, es-tu moins brutal?
LZ. Extrêmement moins brutal! J'ai une copine et c'est très solide, une fille lumineuse, je suis très fidèle. Je ne quémande jamais rien, c'est elle qui est extrêmement coquine.

Q. Laurent Zavack est un auteur ou un emmerdeur (« les deux » n'est pas une réponse acceptée, mais tu peux développer :)
LZ. Je dirai simplement que je suis un petit auteur, une PME bénévole presque, perdu parmi une horde d'autres petits auteurs. Je serai un écrivain quand je vendrai autant que Stephen King. De nos jours la littérature c'est comme l'épicerie, le client est roi.

2 comments:

madmoizelanonyme said...

Déliciiiieux!!! J'ai adoré, vraiment! Cet homme est genre, mon pendant masculin (en beaucoup plus intelligent, c'pas d'ma faute, j'suis jeune).

Maintenant, lorsque mes proches me demanderont si je suis alcoolique, je répondrai en citant Laurent Zavack avec une fierté certaine "Oui, je pourris de l'intérieur avec une certaine grâce".

Mihihihi, bijoux de réplique!!!

Leroy K. May said...

ouais il a la réplique plus vite que son ombre, le laurent :)