
=== UPDATE ===
Hier, j'ai mentionné que les Slam Sessions faisaient relâche en décembre : c'est faux!
Donc, rendez-vous le lundi 17 décembre à 20h30 à l'AgitéE!
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Hier soir, c'était mon baptême de feu côté slam. Et pour me faire languir encore plus, André Marceau m'a programmé en slam-shot (un genre de test pour voir si on est capable de slammer pour de vrai). Mais avant de parler de moi, laissez-moi parler d'eux, les vrais slammeux.
Comme c'est la coutume, un slammeur fut sacrifié. André Marceau s'est flagellé, se crucifiant devant nous en entamant une chanson qu'il a écrite en 2004, où l'été fut pluvieux, nous rappela-t-il. Cette chanson parlait d'amour, mais surtout, nous savons maintenant qu'il a un plus gros bat que le soleil.
Faut le faire quand même.

Puis, le premier "vrai" slammeur s'est présenté à nous, confiant, l'expérience semblait le transpercer. Pierre Lavallée a cassé la glace d'un beau slam classique, sans fioritures. Une poésie nette, drôle, perspicace, efficace.
Son deuxième slam (car oui, les 5 meilleurs de la soirée passent en deuxième ronde) lui a mérité les applaudissements les plus nourris de la compétition officielle. Résultat : première place avec un score de 51!
L'ironie du sort est que André avait réservé un livre de... Pierre Lavallée (Passage) pour récompenser le gagnant. L'histoire ne nous dit pas si Pierre a gardé le livre, l'a vendu, ou l'a échangé contre de la bière.

Christine Comeau a été constante : en première ronde, elle a terminé deuxième; idem pour la seconde. C'est avec des poèmes qui traitaient d'ivresse, d'alcool, de poésie et d'exagération qu'elle a su conquérir les 5 juges (dont un, que nous ne nommerons pas, était particulièrement, hum... vache).
Félicitations Christine :)

Il était assis avec elle, puis avec Hugo Nadeau aussi, lequel a slam-shoté : un trio poétique mais on ne sait pas qui jouait au centre ou à l'aile. Pascal Larouche, Pico pour ceux qui le connaissent en tant que chanteur d'un groupe dont le nom m'échappe et dont Valérie Côté, la juge de ligne, m'a parlé, donc Pascal Larouche m'a vraiment eu.
Sa poésie en l'honneur de Jésus tournait en rond alors que j'avais décidé de le filmer. J'ai décidé d'arrêter le film, de l'effacer, puis de prendre une simple photo. Mais coup d'éclat : il entre en transe. Jésus le transperce, le chatouille, le pénètre de tout bord, une transfiguration poétique. J'ai réussi à filmer un p'tit bout que voici. Le son est pourri, mais ça vous donne une idée de son gospel.
Ce slam l'a propulsé en première place de la première ronde. Son deuxième slam, qu'on aurait pu appeler Ode à Claude Quenneville et Jean-Claude Tremblay, est tombé un peu à plat. Mais les vrais amateurs de hockey ont su apprécier les passes de Komisarek, à Koivu à Kostitsin, et les arrêts de Fiset.
Pico a égalé Christine pour la deuxième place avec un score de 47,8.
Lorsque je suis entré à l'AgitéE, j'ai remarqué une personne. Dur de la manquer avec son mohawk noir et bleu et je me suis dit, lui, il va être bon. Et il ne m'a pas déçu. De la rage, de l'ironie, du sang et un peu beaucoup de sexe, can I join the party?
Edmé Étienne s'est mérité la 3e place avec deux slams intenses et fougueux. Oi!

Une mention honorable s'impose pour Louis des Ruisseaux, qui nous a livré deux slams performances débridés et absurdes, un genre de Jean-Thomas Jobin du slam. Dans son premier slam, il nous a répété ad vitam nauseam qu'on tapait toujours sur le même clou tapait toujours sur le même clou tapait toujours sur le même clou. Ritournelle qu'a su reprendre Marc Lebel, mais nous y reviendrons.
Gab Paquet nous a fait un slam poétique traditionnel, en l'honneur de sa grand-mère. Joli.

Entre les deux séances de slam, on a eu droit à un p'tit show de Bette & Wallet. Coup de coeur. Je pense que tout le monde dans la salle a trippé, vraiment. On a même claqué des mains pendant un solo pour faire le beat, crisse on a presque fait la vague. Ça m'a rappelé les chansons sur Led Zeppelin III. Vous êtes pas obligé d'être d'accord :)
Chapeau à Bette & Wallet qui ont interprété Family Song (voir vidéo), That Damn Punk Upstairs et OGM.
Le slam-shot s'est ensuite mis en branle après une pause nicotine bien méritée (eh! pas moi quand même, je suis toujours chaste et pure, mais j'ai quand même accompagné Marc dehors où on a pratiqué nos slams respectifs).
La première slam-shoteuse, aïe aïe aïe, j'ai oublié son nom, c'était une Véronica Rioux ou une Valeria Roupofski, mais elle était bonne, elle était sensuelle, elle jouait avec les
iiiiiiiiiii
mens et les
jou-
e-
i-
ssances
ces vers tom
baient dans une chute im
prévisible
c'était chaud
Les deux prochains slam-shoteux, qui ont fait office de juge dont le juge vache (eh désolé, mais oui, t'étais vache ;) ont été assez braves pour slammer; le premier a excédé le temps réglementaire et se l'est fait dire gentiment par André, tandis que le deuxième, âgé de 19 ans a-t-il précisé avant de se lancer sur les planches et de réclamer notre pitié vu que s'était sa première performance, et bien ce deuxième qui demeure sans nom mais qui devrait le retrouver une fois qu'il aura trouver ce blogue s'est somme toute bien débrouillé.
Et puis vint mon tour. Pas le trac, mais presque. Pas vomi comme Jacques Plante, non, mais un p'tit chatouillement. Pas d'intro, je ne voulais pas d'intro. Mais j'ai fait l'erreur de dire "C'est moi qui prenait les photos", ce à quoi un spectateur a répondu quelque chose qui m'a déboussolé. La prochaine fois, y aura rien, pas d'intro, just shoot the juice big guy.
Je me suis lancé dans Céla fôte dla fée vrillée (prise 1 et prise 2) et si je me fie aux applaudissement et à l'écarquillement d'yeux de la Véronica Rioux-Ramifoski-qui-viendra-nous-donner-son-vrai-nom-ici, et bien vous avez apprécié. Même Edmé m'a serré la main. Ça a fait chaud au coeur. Pour vrai.

Buddha Darvida nous a ensuite emmené dans l'univers zen de Bouddha, d'Iron Butterfly (In a Buddha Davida Baby...) et Nirvana, sur fond de... Michel Louvain?!? Même Richard Glen a eu un caméo. Pissant.
L'ami Marc a enchaîné un slam en alexandrin (svp!) où il parle à sa femme du slam, de la poésie, de la remise en question du slam, de son acceptation, de l'amour quoi... et son punch était écoeurant. Constatez.
Voilà pour ce premier compte-rendu des slams qui se déroulent tous les troisièmes lundis de chaque mois. Rendez-vous le lundi 17 décembre à l'AgitéE à 20h30!
P.-S. : Je ne prétends pas être journaliste. Ce compte-rendu est purement subjectif, quoique non-fictif. Vous avez droit à une opinion différente de la mienne ;)
Photos par K. Sauf celle de K. Par Marc Lebel.