21.5.08

Du beat au slam

«Marc Smith (n.d.b. : «inventeur» du slam) n'aura eu qu'à modifier le concept de départ pratiqué par les poètes-beat, en l'adaptant à son époque, aux goûts et désirs d'un public moins disposé à la spontanéité: il aura su saisir une opportunité circonstancielle, s'approprier une formule existante en l'ajustant aux nécessités contextuelles de l'heure et du lieu, et donner à une nouvelle génération le privilège de la prise de parole mais, ici encadrée et limitée dans la durée de la prestation (3 minutes!), se placant ainsi à l'opposé des aspects déflagrateur et iconoclaste, (voire libertaire et anarchique), intrinsèques aux manifestations scéniques propres à la Beat Generation et à la contre-culture québécoise des années 70... Marc Smith aura relancé la prise de parole poétique sur la place publique et à l'échelle planétaire. Il incombe désormais à chacun d'avoir les mots pour se dire!»

- Lucien Francoeur.

2 comments:

Jack said...

Il y a du donc vrai chez Francoeur. Telle est mon impression en lisant ce qui s'est passé chez les poètes Nord-américains des années 50-70. Mais Smith continue à dire que sa principale expérience de départ fut les échanges entre les artistes folk. Il est critique sur la Beat generation, sur les les hiérachies qui se refont même dans l'underground et qui fatalement excluent celui-ci ou celui-là. Mais ce sentiment, ne peut-il pas aussi être ressenti à l'égard du slam? Sommes-nous à créer une «famille de poètes?» solidaire de bord en bord, au delà de la «compétition amicale»? Il se trouve des poètes comme Danny Plourde qui, pour le moins, restent sur leur garde... Mais le mouvement ici n'a pas 21 ans comme à Chigago...

Smith dit :

« Both in the writing and performing, that's something that makes us different than the Beat Generation. What also makes us different from the Beat Generation is that slam is inclusive. It’s not a bunch of elite intellectuals: “I'm gonna cop a different life style, I'm gonna be cool, you know and I'm gonna hang out and I’m gonna have my own lingo, and you gonna come down in a smokey bar, you gonna come down in a smokey bar in a dark thing and you're not gonna have a barret, you not gonna talk hip like us and you’re gonna be out”. This is like: “Ok c'mon in, even the old guy, come on in”.

Everybody comes in with their own style, their own way of doing things, which is linked to the folk movement. That was very influential to me on the south side of Chicago. When the folk singers came in the Pete Seeger vain, it was the feeling of wanting to connect with all kinds of people. Don’t be in your little corner and that’s what the slam is, less competitive poetry and more a family of poets, an international family of poets. People now are connected all over. The slam is open to anybody who walks in the door.»

http://www.arte.tv/de/kunst-musik/buchtipps/Buchtipp-der--Woche/1772020.html

LeRoy K. May. said...

C'est vrai que le slam semble inclusif mais comme tu le dis, on n'en est qu'aux balbutiements. Pour l'instant, tout le monde il est beau, tout le monde il est fin, mais il y aura indubitablement des exclus, des préférés, des sacrifiés, des «vainqueurs»: le monde est darwinien, et le slam n'y fera pas exception.

Par contre, ce qui est intéressant dans l'entrevue avec Smith, c'est la notion de performance. Je reproche aussi aux soirées de poésie d'être un peu ternes (en général) et que la lecture d'un poème fleuve personnel peut être gavant. Smith aura eu la bonne idée de limiter la déclamation dans le temps, pour que l'effet soit punché et rythmé.

Au Slam Sékoïa qui s'est déroulé y a pas longtemps, c'était plus une soirée de poésie qu'autre chose: pas de compète, pas de chrono, juste des poètes qui disent leur poème. Mais comme la plupart des poètes présents slamment aussi, ben il y avait ce rythme. D'autres, qui ne slamment pas, ont lu de très beaux poèmes, mais je préfère de loin lire ces poèmes que les entendre...

À suivre...