15.2.06

Le « ça »

Le cas « ça » perturbe les plus grands esprits des deux derniers siècles. De Freud à David Smithereen — critique de l'œuvre de Kafka (voir son mémoire sur Un Médecin de campagne, VCP, 1991, 225 pages), en passant par Réjean Ducharme (L'Avalée des avalés, Gallimard, 1966, 384 pages) puis plus récemment Éric Bourbonnais (Liquescence, BFP, 2005), la partie la plus obscure de la psychée humaine fascine autant que répugne l'intellect postmoderne.

Et pourtant, rien de plus simple que cette dimension irrationnelle que le plus grand nombre saisi dans ses premières années de compréhension cognitive. Notre hypothèse repose entièrement sur le postulat que les visées — tout comme les prémisses — sont assises sur un bassin de graphie iconoclaste que seule la langue française réussit à rendre incompréhensible. En effet, toute notre approche met en valeur la cédille (« ¸ ») qu'aucune autre forme d'expression réussit à reproduire. La projection dans l'ambiguité (Julia Kristeva, Ça, cela et autres cas d'abjection préœdipienne, Éd. Minuit, 1976, 534 pages), ainsi que la réflexivité impressive (et perverse) de l'école du Nouveau Roman, nous porte à conclure que Bérénice Einberg avait tort d'affirmer : « ... ».

Ça, ce n'est pas cela, c'est ça. Oui, c'est cela, ça n'est pas ça, cela va de soi.

3 comments:

Mille Milles said...

L'auteur voulait sûrement citer Mille Milles dans Le Nez qui voque lorsqu'il dit : « N'employez pas le mot ça ; c'est une contraction vulgaire. Vive le mot cela ! Laissez-les rire ; employez cela(1). » LKM devait encore être saoûl.

-- mm --

(1). Ducharme, Réjean, Le Nez qui voque, Gallimard, coll. Folio, page 45, 1967.

Carolinade said...

"c'est ÇA choisir à chaque seconde, c'est ÇA, choisir d'avoir du fun, faire le tour du monde, dans sa propre personne..."

il me semble que j'avais aussi un texte sur le sujet...mais encore me faudrait-il le retrouver. À suivre:)

superk said...

Mais je vois qu'on s'amuse Caro, qu'on batifolle, qu'on tripafouille, c'est bien c'est bien.

Curieux de revenir à ce petit texte parodique inspiré d'une tirade de Mille Milles qui préfère «cela» à «ça». Mais tu as raison, faut avoir du fun.

Si y a pas de fun, y a pas de blogue.