19.10.06

Le Blues du trentenaire fini, Part VI: Illumination

July 33, 2006

Parfaite devanture. Il faut se faire voyant pendant que la jeunesse ne passe pas trop. Les rangées sont remplies de désodorisants bon marché : c'est la plénitude. Parfaite journée ou rayonnent les échos des pas perdus sur les murs du silence. Elles boivent comme des shampoings mal rasés, c'est la cacophonie derrière les murs de PQ. Il faut battre son frère pendant qu'il est chaud. Le poète se fait voyant par un long dérèglement des sens, c'est bien connu. J'en avais assez de toutes ses pilules, je ne suis pas fou, la voisine d'en haut se fait violer tous les soirs, comment se fait-il que vous ne l'entendiez pas?!? Non je ne suis pas dément, je n'ai qu'un léger penchant pour les toxines. Les couches sont en spécial cette semaine je vais en acheter pour émilie qui va accoucher de son 13e bébé; le grand criminel le grand maudit, l'être suprême n'est pas lui-même mais autre, il ne peut contrôler les starlettes en chaleur qui chevauchent les étalages de magazine people; elles chantent toutes comme Jennifer Simpson et nous nous en portons garant plût au ciel que le lecteur enhardi par ses bombes sexuelles puissent résister à la table de vivisection de mon coeur; cette langue sera l'âme des détergeants en rabais il n'y a que les balles qui puissent régler l'ardeur des impuissants et courber l'échine des ivrognes impromptus.

Parfaite douceur qui glisse sur ton odeur d'urine, fais bouillir mes couilles dans un drap d'alcool à friction c'est dans la tête qu'on est bronzé les balles veulent surgir du canon et produire une féerie une myriade une prosopopée infinie de jets sanguignolents c'est le temps de commercialiser Blood c'est le temps d'ouvrir les rivières de les laisser couler à flôt yankee doodle came to town sur le pont d'avignon le dérèglement de tous les sens se déroulent tel que prévu mon sergeant pepper's lonely hearts mais non mais non il faut être absolument merdique il faut baigner dans sa merde se vautrer dans son vomi en boire en manger en faire des sushis nouveaux absolument hypermodernes contemporains branchés ainsi va la vie qui vivote et avez-vous votre carte air miles avez-vous votre foutue carte air miles garde garde!

Do you remember the ending in Mulholland Drive oh man that was too fucken cool check out that chick oh yeah I'd ram her up the ass shoot her make it click put that barrel down her throat down her crotch rip her skirt off and shoot her yeah take your dick out and stick it down her throat while you caress her with the loaded barrel force her to masturbate check out that dude man he looks stupid shoot him between the eyes oh yeah good idea (no don't) look at that old woman oh yeah she deserves a bullet (no think of your grandma) shut up mother fucker shoot her she's an old bag (no don't for Christ's sake!) oh shut the fuck up put it in your mouth pull the trigger put it in her mouth pull the trigger put it in your mouth pull the trigger eeeeeeeeeeeckckcckck!

14 comments:

Jack said...

Péro raison

I have seen the cargo,
the blue harmonica,
little fish under my shoes...

What can I say about this portrait?

Sinon que, yes Sir! Mr. Rainbow.

Quelles allées déconvenues dans cette fabrique d'amis à trouver, sur quel rayon déjà? Dans quel département? Celui du bric-à-brac ou à côté des brosses et des life seavers? La pharmacie aujourd'hui est propre mais étiquetée SALE/VENTE de remèdes de cheval, non non non, surtout pas pour la voisine! Maudite cicatrice de sourd! Ça vas-tu finir? Pourtant, les murs sont cuits dans les coulisses de ce pays. Vous ne voyez donc pas le glaçage de la pilule dorée sur les cuisses anomymes de la vie? Vie, viol, violence, même poutine à la racine du cheveux, bios, bia... Où est le Gello pour que ça vibre? Où est la teinture du Rocket? Une chance que les couches sont en spécial! Le pétrole chauve fluque fluque tant et tant, il faudrait quasiment couper le robinet du petit Arthur. Lui scier une jambe. Ou bien, bout de ciarge, découper les draps avec les mauvais plis, revenir dans le temps comme dans le temps, étendre sur la corde les drapeaux blancs de l'essence ciel jeunesse en poudre qui se dissout tranquillement pour le grand âge invisible. J'achète une cigarette numérique, des cacas des ouate et un cadran de marque Trac à travers toi. J'ai assez dormi, côlisse! Les slogans sont excités. Tu as remarqué sans doute cette réclame un peu criante au-dessus du comptoir-caisse : «Il faut être absolument moderne, littéralement et dans tous les sens».

Nina Louve said...

Wow!! C'est extraordinaire. Voyez comme votre lectorat vous répond Superk! Merveilleux-fougueux cet echo de Jack. Mes sourires à Superk, mon héros gazoline, Superk qui frappe des attrapes littéraires et surprend la docile. YEah!
Blues du trentenaire party ! Le joual parle sans déodorisant. Les métaphores se dé-composent parce qu'elles s'inventent une sortie de secours. (agrraaah euh euh ah!+rire)

Blues du trentenaire part(...) : peu importe, tous lus chez moi. La plupart du temps je reste sans mot. Si je ne signe pas d'un commentaire, ce n'est pas que je désa-prouve. C'est que je me tais. Mais mon silence porte tous mes mots...

superk said...

Wow. C'est rare mais je suis sans mot. Après avoir publié Le Blues en épisode, et n'avoir reçu aucun commentaire directement relié au Trentenaire, j'étais un peu déprimé, je me disais «Great, Another Sky veut la publier (cette nouvelle) mais personne ne la commente, peut-être que personne ne l'aime?».

C'est fou ce que la publication d'un texte peut engendrer; le regard de l'Autre, duquel je me préoccupe rarement d'habitude, a cloué mes sens en un béton immuable.

@ jack. merci d'avoir continué dans le même esprit.

@ nina. merci d'approuver en silence. ça fait du bien de le savoir (ego quand tu nous tiens).

Jack said...

La perche tendue, la bride donnée, c'était trop tentant. J'aime beaucoup ça l'échevelé dans les lettres, cet esprit-là, en effet.

Nina Louve said...

Pour excuser mon silence, (je suis une ancienne muette il faut me pardonner), je vous lirai LE SQUAT avec mon nouveau brocoli (micro) qui ne se mange pas.

Un ego mur... vaut mieux qu'un ego sûre!!

superk said...

@jack, il y aura sûrement d'autres occasions de collaborer alors :p

@nina, can't wait to hear u sing the squat brocoli blues.

le rimailleur said...

..et de tels commentateurs ne peuvent que laisser sans voix les commentateurs potentiels. Comment être à la hauteur des commentaires sinon de l'auteur, à mille lieues, lui, dans un autre ciel. Mais comment taire cette ilumination et cette envie que cela m'a donnée de me frotter à la langue, à ma langue, mon idiolecte. L'idiolecte: la masturbation des bienheureux.

superk said...

bienvenu chez nous rimailleur! point n'est besoin de danser au rythme de l'idiothèque, il faut rimer à point :)

y a pas de gêne par ici. on laisse l'égo au garde-robe et go! on fait couler les délires voyeurs.

superk said...

Eh ben Nina, vous avez la berlue? Vous êtes déjà passée par ici ;-)

Kenza said...

Chose promise chose dûe
waw
d'abord je tiens à dire que c'est mon premier texte en québécois et franchement je trouve ça très vrai, très vivant (si on peux dire :) je dirais même plus, j'ai trouvé ça beau :)

j'ai aimé le rythme effréné que tu as su y mettre
j'avoue tout de même une préférence pour les 4 premières parties... cette rage et cette lucidité c'est quelque chose.
les deux dernièrs me plaisent beaucoup aussi mais je sens comme une rupture, ou alors que les liens ne sont pas assez forts avec les premiers ce que je trouve dommage.
bien sur cela reste mon sentiment à moi, le sentiment d'une simple lectrice.

mais en gros bravo, j'ai tout relus d'un coup et ensuite encore un coup :)

superk said...

wow! je suis agréablement surpris que tu aies pris la peine de lire... 2 fois consécutives!

la rupture entre la 6e et les autres parties est volontaire, le personnage pète les plombs, mais je n'ai pas remarqué de rupture entre la 4e et la 5e...

à la 5e partie, le personnage est très désabusé, il est à deux cheveux de disjoncter...

merci de l'avoir lu... 2 fois, ça fait doublement plaisir :)

et si on ne se reparle pas d'ici à ton départ, bon voyage!

Nina Louve said...

La berlue ? Non la relue. J'aime ton blues du tretenaire, je reviens, chaque fois je me blesse et m'adoucie. Puisse-tu me faire un livre. Puisse-tu déposer toute ton encre sur le papier. Bel héro gazoline, tes textes me font fondre et cracher du sens.

superk said...

J'y travaille Nina, j'y travaille.

J'ai une idée de recueil de nouvelles, j'en reparlerai lorsque les presses chaufferont :)

Nina Louve said...

Ok (sourire)