6.11.06

Ell&Il, prise 7

Elle tirait à bout portant sur la foule qui se massait à l'ombre des parapluies en fleurs de crystal doré comme la cible inhumaine qui vocifère au creux des songes en suspens; le saxophone crachait des notes diffuses et belles comme le chacal suspendu au bout de tes lèvres de givre, belle belette subterrestre aux prises avec des démons omniscients et des rêves patents de luxure et de jouissance interdite; Elle tirait tout en riant de ses connes qui se réfugiaient au sein des hommes les plus lâches et vils comme le serpent qui se faufile au sommet des acacias pour rire des passants qui se faufilent au creux des hommes sans peur, sans fleur.

Elle tirait à bout portant sur une foule bigarrée et instable comme la suspension de mon Accent 98; les essuie-glace cultivent des roses pour mieux arroser les pleurs de la Merde qui se répand en excrément pas possible au coin de Van Horne et Côte-des-Neiges; elle se vide se dévide elle vocifère « chienne de vie sale de vacherie de connerie sale » et tout le monde rit tout le monde la trouve sympatique, drôle, presque attachante; elle se vide de ses entrailles et le monde s'en porte mieux arrête de bouder un instant et cesse l'inflexion stupide et curieuse qui vagabonde entre prés et marais orageux; c'est la chute vers le vide vers le néant abyssal belle redondance belle curiosité vassalisante belle inondation de sentiments prébrodés prémanufacturisés préétablis presbytère faites taire le presbyte qu'on lui coupe la bite pense-t-Elle faites le taire sinon Je la lui coupe et Je la lui trucide et J'en fais mon porte-bonheur Je me la fais genre saucisson et Je la porterai à mon cou comme on tire à coup bandant sur une moule d'averse bi-garée.

Elle boucherait ses oreilles si Elle pouvait lâcher prise du revolver le lancer au loin pour qu'il ne La tourmente plus mais Elle ne le peut pas Elle entend clic clic clic et sens la pression des balles près de Ses tempes entre Ses seins sur Sa peau dans Son con Elle sent les balles qui La pénètrent La rendent plus belle comme un sous-marin nucléaire en eaux arctiques belle comme une soupe froide sur un homme chaud.

Elle boucherait ses oreilles mais Elle n'entendrait plus Frank Wright être Uhuru Na Umoja Elle mourrait à petit feu comme on laisse brûler les marrons des larrons en foire on les laisse griller comme le solo de batterie qui ne fait plus sens qui cache la mélodie et c'est tant mieux car la mélodie est une illusion engendrée par un semblant de cartésianisme. Elle serait peut-être moins perdue dans l'escalier de la monotonie ou de la bigamie littéraire et creuse comme un arpège esquivant la tierce ou substituant la quinte par une pinte.

Elle boucherait ses oreilles mais c'est Lui qui en pâtirait car Il ne cesse de Lui écrire des poèmes, des foutus poèmes qui ne mènent nulle part si ce n'est entre le charme et l'ennui juste au milieu comme une fine ligne à franchir sans que le spectre d'un sentiment douteux ne se pointe entre Ses cuisses et au sommet de Son mont de Vénus.

Mais la Déesse y mit flamme éparse.

4 comments:

Nina Louve said...

"Ses tempes entre Ses seins sur Sa peau dans Son con Elle sent les balles qui La pénètrent La rendent plus belle comme un sous-marin nucléaire en eaux arctiques belle comme une soupe froide sur un homme chaud."

J'aime beaucoup ces images.

superk said...

Oui moi aussi :)

C'est toute l'esthétique surréaliste du «plus beau que», j'adore ça.

Bourbon said...

«belle comme un sous-marin nucléaire en eaux arctiques» : idem pour cette image. Je descendrais volontiers en ces eaux glacées : méduses et autres spécimens électriques à découvrir. Bientôt dans un cinéma près de chez vous.

superk said...

C'est vrai que c'est cinématographique, je me demande pourquoi :)

Tu te rappelles quand on a vu The Cook, The Thief His Wife and Her Lover dans un cinéma miteux de répertoire qui est maintenant fermé? Il me semble qu'un sous-marin ç'aurait été beau, dans cette salle d'un autre âge.