7.11.06

Ell&Il, prise 9

Elle allait finalement Le rejoindre après avoir traversé plusieurs villes plusieurs pays plusieurs continents et pourtant ils se sentaient si près l'un de l'autre comme s'ils ne se quittaient jamais comme s'ils ne faisaient qu'un et qu'ils n'avaient pas à se parler pour se comprendre ni à s'écrire ou s'appeler ils se télépathisaient dans le métro sur un banc de parc en avion ou sur le pouce; il n'y avait pas d'endroit privilégié pour communiquer ils n'avaient qu'à être pour se sentir pénétrés de l'autre pour que solitude et sollicitude se joignent main dans la main et fredonnent une ode à la vie à l'amour.

Elle avait traversé le pont Champlain Jacques-Cartier Neuf Brooklyn et de Tokyo pour déboucher dans Ginza un quatier pas terrible puis au théâtre Kabuki tout en traversant le parc Hama Rikyu le nouveau pont est laid le vieux pont donnait l'impression de pénétrer dans une petite bourgade puis c'est l'immeuble Fuji TV et un autre pont le Rainbow Bridge puis c'est Shinjuku la nuit et ses néons incalculables c'est une féerie de signes qu'Elle ne comprend pas Elle évite les voitures la fourmillière s'avance vers Elle ne sait pas quoi faire Elle a peur Elle veut qu'Il soit là qu'Il la sauve qu'Il l'extirpe de ce cauchemar kafkaïen mais la réalité La rattrape une Toyota La heurte Elle fait un 360 en l'air puis Elle reconnaît les contours de Staten Island l'énormité qui y trône qui pointe vers l'Atlantique vers le pays donateur de l'horreur la Dame liberté celle libre de vous acheter; Elle déambule dans les petites rues européennes de Wall Street Elle ne sait plus quelle heure il est il doit être 9 heures la ville fourmille de costards d'espresso et de tailleurs Burberry Elle voudrait être dans Little Italy et Elle y est Elle voudrait être dans le Brooklyn de Harvey Keitel et de Paul Auster dans Smoke et Elle y est mais Il n'y est pas Il est trop occupé à fumer sa dernière clope avec Jarmusch qui relate la cigarette après l'amour sous la pluie pendant les tempêtes de neige après et avant le déjeuner.

Elle avait griffoné Son numéro de téléphone sur un paquet d'alumettes mais Elle la jeté à Tokyo à Paris à Montréal à Portland Elle a grillé des Marlboro avec Joye dans l'Iowa en penssant à Adjani qui venait de tourner un truc super un truc vraiment spécial bizarre particulier une merde quoi; il fallait qu'Elle Le rejoigne la télépathie ne fonctionnait plus Elle craignait qu'Il ne soit mort quelque part dans une ruelle sombre près du Rainbow Bridge où le Tokyo du 20e siècle côtoie le futuriste Harajuku du 21e.

Elle désespérait de pouvoir Le toucher Lui parler L'écouter Le sentir Le vêtir Le dévêtir et Le manger de sa langue râpeuse Elle sentait ses cernes englober ses yeux s'exhorbiter se déglober Elle voulait les avaler pour mieux voir sa pourriture Elle aurait tout donné pour qu'Il soit là et Il l'était et Il l'était.

14 comments:

Nina Louve said...

"ils n'avaient qu'à être pour se sentir pénétrés de l'autre pour que solitude et sollicitude se joignent main dans la main et fredonnent une ode à la vie à l'amour."

c'est vraiment comme ça que je le vis l'amour me too!!!!! Rien qu'un instant, pas de jamais ni de toujours. Héros gazoline! Yes, you got a nice river there.

Nina Louve said...

"Elle voudrait être dans le Brooklyn de Harvey Keitel et de Paul Auster dans Smoke et Elle y est mais Il n'y est pas Il est trop occupé à fumer sa dernière clope avec Jarmusch qui relate la cigarette après l'amour sous la pluie pendant les tempêtes de neige après et avant le déjeuner."


Jarmush! vous avez VU Ghost Dog Superk ? Avec Forest Whitaker.

superk said...

c'est drôle je trouvais la fin de la phrase cucu... mais bon :)

vroom vroom.

j'ai pas vu ghost dog, mais j'en ai entendu du bien.

ajouter sur la TODO

Nina Louve said...
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superk said...

Bon une autre qui frime avec ses contacts ;-)

Mon seul contact avec Chamberlan, et de très loin, c'est quand j'avais aidé à organiser le FCMM il y a 10 ans avec Hors Champ.

Nina Louve said...

C'est quoi frimer? C'est laid ?

superk said...

Frimer, c'est se vanter de, mais c'est pas grave ;-)

Nina Louve said...

oOOOuaach ! C'est même pas vrai. Pas Nina. Se targuer, pas pantoute. Un crriiii() de beau moment, pour vrai. On était dehors lui... et tant de quelques autres. Et, lorsque la scène du Central Park a commencée, avec le chien qui suit Forest Whitaker partout, il s'est à pleuvoir, au même moment que dans le film.

J'efface mon commentaire. Frime ouaaaaaachhhhhhhhh.

superk said...

Ah cum'on... c'était une blague, comme Jack qui parlait de Dufresne et je sais pu qui, et ma rencontre avec Ariane Moffatt.

Mais bon, ça m'a juste faite rire :)

Nina Louve said...

Superk, je ris aussi tu sais.
(!!!!!)

Nina Louve said...

Tu ne te rappelles pas notre premier diablogue! Retournes-y.

Je suis une femme pleine d'humour et de vivant. Crains pas, héros gazoline. (sourire)

superk said...

ouais c bon c bon... :)

sandra said...

j'ai rien compris !! et poutant j'adore Brooklyn ça doit être ça, l'écriture n'est pas pour tout le monde mais le monde est à tout le monde !!))

superk said...

salut sandra!

désolé que tu n'aies «pas compris». as-tu lu depuis le début?

je compte faire une version PDF d'Ell&Il pour téléchargement. certaines personnes préfèrent lire dans leur lit... ou au toilette, n'est-ce pas Caro? ;-)